Cette haine qui a grandi dans les « replis de la République », à l’abri des regards, est explorée à travers une série de portraits. Ceux-ci expliquent comment et pourquoi, au fil du temps, des poignées de Français sont allées combattre en Bosnie puis en Tchétchénie, en Afghanistan puis en Irak, avant de rejoindre la Syrie, toujours plus aguerris. Ils montrent comment beaucoup sont allés se former idéologiquement, parfois en Arabie saoudite mais plus souvent en Égypte, pour diffuser ensuite des plaidoyers politico-religieux qui font encore mouche sur les réseaux sociaux aujourd’hui. Comprendre cette histoire éclaire aussi l’avenir : à l’image de ces « vétérans » qui resurgissent d’un théâtre et d’une époque à l’autre, les combattants de Daech représentent une menace qui ne s’éteindra pas avec la chute du Califat, assurent les auteurs. « Certains vivront dans la clandestinité dans le désert irakien ou rejoindront d’autres terres de djihad, au Sahel ou aux Philippines, estime Romain Caillet. Mais les plus solides survivront. »

