La disparition des CIO est aussi critiquée par Jean Yves Rochex dans une tribune donnée dans Le Monde. « La dévolution d’une partie des missions et personnels de l’ONISEP aux Régions ne peut que jeter un doute sur le statut et l’objectivité de l’information qui serait diffusée aux élèves et aux adultes, chaque région ne pouvant qu’être tentée de faire prévaloir ses orientations en matière de formation ; elle risque également de soumettre cette information à la logique économiste à court-terme de l’adéquation formation-emploi », écrit JY Rochex. » La logique sous-jacente à ces mesures qui sépareraient radicalement le travail des psychologues dans l’enseignement secondaire de l’information et du choix portant sur les filières et les carrières professionnelles est une conception de l’orientation totalement dépassée, datant d’un très ancien monde, et qui se résumerait à l’équation connaissance de soi, de ses résultats et aptitudes + information = choix éclairé et durable. Cette conception, très individualiste, tend à faire de chaque élève, dès l’enseignement secondaire, un simple consommateur de formation, un autoentrepreneur de son propre avenir, auquel il suffirait de connaître et de promouvoir ses talents, aptitudes et intérêts et de disposer d’informations fiables pour « choisir son avenir professionnel »… Ce modèle est largement illusoire et s’il existe, il correspond d’abord à un type d’élève socialement privilégié… Ce modèle privilégie les plus privilégiés et pénalise les plus démunis ; il repose sur une conception individualisante de la psychologie et du développement des enfants et adolescents qui appauvrit l’un et l’autre, en pensant et traitant de manière isolée la question des apprentissages et du rapport au savoir et celle du rapport à l’avenir, celles du développement des sujets et des cadres sociaux dans lesquels il s’opère ».
Source : Orientation : Les parents refusent la régionalisation


