Loir-et-Cher : Maurice Leroy reste à Moscou… pour l’instant

L’ancien président de la République a remis les insignes de la Légion d’honneur à celui qui fut son ministre, hier à Vendôme. (Photo NR, A. R.)Maurice Leroy était revenu en Loir-et-Cher pour y recevoir la Légion d’honneur des mains de Nicolas Sarkozy dont il a été ministre. Il est, depuis, toujours à Moscou.
© Photo archives NR, Antoine Richard

En Russie depuis 2019, l’ancien président du conseil départemental et député de Loir-et-Cher, est encore à Moscou ce jeudi 3 mars. Pour l’instant, il n’a pas pris la décision de rentrer en France. « La situation est plus compliquée qu’il n’y paraît ».

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Maurice Leroy, ex-ministre de Nicolas Sarkozy, député et président du conseil départemental de Loir-et-Cher, réside à Moscou depuis janvier 2019. Il a rejoint la capitale russe il y a 3 ans, quittant la vie politique, pour travailler au sein de l’entreprise privée Mosinzproekt, qui supervise les chantiers du Grand Moscou. La semaine dernière, il avait déclaré être « profondément triste de cet acte de guerre contre l’Ukraine » en précisant qu’il « condamnait cet usage de la force ».

Depuis, il est resté à Moscou. Et si sa situation interroge, il se justifie : « C’est une entreprise privée, qui a gagné l’appel d’offre du Grand Moscou, pour laquelle je travaille sous contrat de travail de droit privé ». La NR l’a contacté pour connaître sa décision, de rester ou partir, sachant que le ministère des Affaires étrangères « recommande fortement » aux ressortissants français se trouvant en Russie de quitter le pays.

Il affirme que « la situation est beaucoup plus complexe que ce qui est rapporté ». Mais notre question tombe bien puisqu’il était hier soir mercredi 2 mars en session extraordinaire du conseil d’administration de la CCI France Russie, dont le président Emmanuel Quidet avait justement sondé par mail les entreprises pour connaître la position des salariés. Selon Maurice Leroy : « Les entreprises françaises sont les premiers employeurs étrangers en Russie, devant l’Allemagne et l’Italie. 85% des Français qui travaillent ici restent à Moscou, 5 % rentrent mais ils avaient pour beaucoup pris leur décision avant les événements et 10 % s’interrogent. »

J’entends la recommandation du ministère des Affaires étrangères, mais on fait comment pour rentrer ?

Maurice Leroy, ex-élu loir-et-chérien depuis Moscou

L’ex-élu loir-et-chérien semble être dans l’expectative. Mais réaffirme que sa mission actuelle n’a rien à voir avec sa vie politique d’avant en France. En Russie, il est salarié :  « Je n’ai jamais pris part aux décisions stratégiques de l’État ou de l’administration russe et je suis salarié d’une entreprise dont les activités sont totalement déconnectées du conflit actuel. L’offensive militaire russe en Ukraine et ses conséquences, que je condamne et regrette, m’ont conduit à engager avec mon employeur, un dialogue sur la poursuite des missions qui m’ont été confiées. »

Et de détailler : « J’entends la recommandation du ministère des Affaires étrangères, mais on fait comment pour rentrer ? La seule façon de revenir est de passer par Dubaï ou par la Turquie : les compagnies ont fait flamber les prix des billets d’avion, et même au-delà de ça, il faut des heures et des heures de trajet, c’est un enfer pour ceux qui l’ont tenté. Alors je suis pour l’instant comme 85 % de mes compatriotes ici : je tente de garder mon calme et je regarde ce qu’il se passe », en attendant de prendre une décision.

Quelle que soit l’issue du dialogue engagé avec son employeur, Maurice Leroy insiste : « Les activités de cette société privée, sont parfaitement étrangères aux enjeux du conflit ukrainien et n’interfèrent nullement avec l’État et/ou l’administration russe. Je prendrai ensuite, en conscience, la décision de poursuivre mon contrat de travail, lequel m’oblige, comme tout salarié, à loyauté et transparence vis-à-vis de mon employeur. »

La vie continue… dans l’inquiétude

Quant à la vie quotidienne, sur place à Moscou, il explique : « Pour l’instant, la vie continue, il n’y a pas de razzia dans les magasins. Les Russes sont inquiets, très inquiets bien sûr. Il faut faire la distinction, comme l’a d’ailleurs fait hier soir Emmanuel Macron, entre le président Poutine et le peuple russe, qui subit une situation plus complexe qu’on ne le croit. Pour ma part, je condamne fermement l’usage de la force et je réitère que cette situation dangereuse pour la paix en Europe aurait pu être évitée si les accords de Minsk avaient été appliqués des deux côtés », que ce soit par l’Ukraine ou la Russie.

Ce sont des peuples frères qui ont des familles en commun, de part et d’autre…

Maurice Leroy, ex-élu loir-et-chérien à Moscou

Pour lui, cette situation « est un crève-cœur ici pour beaucoup dans la population, car ce sont des peuples frères, qui ont des familles en commun de part et d’autre… » Et de saluer la position d’Emmanuel Macron « de continuer à maintenir la communication avec le président russe, il est impératif de retrouver la voie diplomatique ».

En attendant, Maurice Leroy reste à Moscou : « Je n’ai pas le choix… alors wait and see comme on dit dans le Perche vendômois… et j’appelle de tous mes vœux le retour de la paix ! »

MONHOVEN

Natacha MONHOVEN

Journaliste, directrice adjointe de la Nouvelle République de Loir-et-Cher

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