» Yorktown, 1781 : Une victoire occultée par le nationalisme américain – par Eric Juillot

Auguste Couder, La prise de Yorktown (Tableau de 1836). Rochambeau (au centre) et Washington (à sa gauche) donnent leurs derniers ordres avant la bataille

Ainsi le rôle global de la France dans la victoire américaine, à Yorktown et auparavant, a-t-il été minoré, réduit pour l’essentiel au nom de La Fayette.

Si ce dernier doit sa postérité outre-Atlantique à ses qualités de communicant6 et à la précocité de son engagement au côté des Insurgents, il la doit également à sa relation quasi filiale avec Washington et à la modestie de son rôle : mettre en avant La Fayette et ses quelques centaines de combattants permet de passer sous silence Rochambeau, De Grasse et leurs milliers d’hommes.

Le journaliste américain Tom Shachtman, auteur d’un récent How the French saved America4, estime que l’ignorance du rôle de la France dans le conflit et à Yorktown est à peu près générale aux États-Unis aujourd’hui.

Le parallèle avec le 6 juin 1944 est ici frappant : alors que cette date possède en France une dimension mythique comparable à celle qu’elle revêt dans la mémoire américaine, il faut bien constater que la relation affective entre les peuples français et américains repose sur une franche dissymétrie mémorielle, la reconnaissance et la gratitude se manifestant bien plus d’un côté de l’Atlantique que de l’autre.

Source : » Yorktown, 1781 : Une victoire occultée par le nationalisme américain – par Eric Juillot

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