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En Chine, quand les jeunes citadins plongent les mains dans la terre

Des citadines s’affairent dans un potager du district de Wuqiang, situé dans la province du Hebei, le 23 décembre 2019.

“Dans le prix, tout est inclus, de l’achat des graines au bêchage, et même l’envoi des légumes par voie postale pour qui n’a pas le temps de venir les récolter.”

Source : En Chine, quand les jeunes citadins plongent les mains dans la terre

Reportage.

En Chine, quand les jeunes citadins plongent les mains dans la terre

Bêcher, planter, biner, cueillir… Une nouvelle génération de Chinois découvre les joies du jardinage dans des potagers partagés qui se multiplient en banlieue des métropoles. Avec des formules à la carte censées répondre, au plus près, à leurs besoins de grand air et d’authenticité.

Comme une nostalgie de la vie à la campagne, la classe moyenne émergente, issue des métropoles chinoises, s’est trouvé une nouvelle passion : les jardins partagés.

À Pékin, à Shanghai, à Canton ou à Shenzhen, si on s’étonne de trouver en semaine, aux heures de bureau, des centres commerciaux toujours bondés, on ne saurait trop dire pourquoi, le week-end, on retrouve ces mêmes citadins se précipiter en banlieue pour se mettre au vert.

“Chaque week-end, c’est la foule des grands jours sur les parcelles horticoles de la ferme”, confirme M. Song, qui dirige le domaine agricole de Baiwang, à Pékin. Chaque année au mois de mars, décrit-il, un peu avant le début du bêchage, les candidats à la location d’une parcelle potagère font la queue pour s’inscrire. Il ne peut malheureusement pas satisfaire toutes les demandes, même si sa ferme est le plus grand domaine agricole du district pékinois de Haidian.

Ces jardiniers du dimanche ont un profil type : des familles avec enfants, qui souhaitent “avoir une expérience de la vie à la campagne et se rapprocher de la nature”.

Zhai Fang, une mère de famille d’une trentaine d’années, loue 800 yuans [100 euros] par an un terrain de 20 m², qui suffit à alimenter sa famille en légumes à tous les repas tout au long de l’année :

“Les légumes qu’on cultive soi-même sont plus frais, on peut les consommer les yeux fermés.”

Soucieux de sécurité alimentaire et de qualité nutritionnelle, les ménages avec enfants de la classe moyenne plébiscitent nettement ces jardins partagés. Mais certains, plus jeunes, s’y mettent aussi.

Forfait “tout en un”

Située dans le district de Haidian, la ferme de Baiwang jouxte le quartier de Xi’erqi, où se concentrent les locaux de grandes entreprises du Net. Logique, donc, que chaque week-end, des visiteurs à l’emploi du temps très minuté viennent s’y essayer à la culture potagère. Ces représentants d’une nouvelle classe moyenne, plutôt jeunes, s’appliquent à prendre en photo le moindre légume, le moindre fruit. “Ils bossent comme des dingues toute la semaine, explique M. Song. Ils ne peuvent venir ici que le week-end.”

La ferme leur propose des forfaits “tout en un”, afin de répondre à la demande de cette clientèle qui désire posséder son propre potager, mais dont les aspirations bucoliques se doublent d’une méconnaissance totale du jardinage.

Les plateformes de réseaux sociaux comme Xiaohongshu (appelé “RED”, à l’international) regorgent d’annonces de domaines agricoles situés en banlieue des grandes villes qui proposent ce genre de service forfaitaire :

“Dans le prix, tout est inclus, de l’achat des graines au bêchage, et même l’envoi des légumes par voie postale pour qui n’a pas le temps de venir les récolter.”

Pour ces services, les tarifs vont de 5 000 à 6 000 yuans pour une année [soit de 640 à 770 euros].

Grâce à cette offre très bien pensée, les jeunes “propriétaires terriens” qui louent une parcelle n’ont pas besoin de suer à grosses gouttes pour arracher les mauvaises herbes ou bêcher la terre, ni de faire de deux à trois heures de trajet quasi quotidien pour surveiller leurs plantations. Il leur suffit de venir faire un petit tour en voiture le week-end lorsqu’ils ont du temps libre, histoire d’avoir, avec leur potager à eux, un “contact direct avec la terre, de sentir le parfum naturel des fleurs et de l’herbe, et de cueillir de leurs propres mains les fruits et les légumes les plus frais qui soient”.

Un jeune homme observe la croissance de légumes dans une serre située près de la mégapole de Chongqing, le 5 septembre 2023.
Un jeune homme observe la croissance de légumes dans une serre située près de la mégapole de Chongqing, le 5 septembre 2023. PHOTO CFOTO/NURPHOTO/AFP

Un nouveau marqueur de classe sociale

De nombreux domaines agricoles ont également mis en place des séances de cueillette et aménagé des terrains de camping ; parfois, ils proposent même des activités éducatives parents-enfants. La souscription à une offre forfaitaire permet à la nouvelle classe moyenne de profiter de tous ces services à la fois. C’est en train de devenir le “nouveau marqueur” de cette classe sociale.

“À partir d’un certain âge, le jardinier qui sommeille en chaque Chinois se réveille…”

C’est ainsi que Zhai Fang justifie sa brusque envie de “louer un lopin de terre”. En 2022, elle a dû rester longtemps confinée. Comme elle s’ennuyait, elle s’est mise à cultiver de l’oignon vert et de l’ail sur son balcon, après s’être renseignée à ce sujet. “Avoir son propre potager, c’était l’assurance d’avoir des produits frais et sains, et les enfants ont adoré. C’était un bon moyen de passer le temps.” Ainsi est né son amour pour le jardin potager ! Et quand elle n’a plus eu besoin de rester enfermée chez elle, elle s’est intéressée à la ferme de Baiwang, située à deux pas de chez elle.

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Elle a eu le choix entre louer son potager de 20 m² contre un loyer annuel de 800 yuans [une centaine d’euros] ou déléguer la gestion de sa parcelle pour 5 000 yuans [640 euros]. Avec deux enfants, elle a préféré la première option, qui permet d’“avoir les mains dans la terre pour produire à manger”. Grâce au rendement de son petit potager, elle a pu réduire ses dépenses alimentaires quotidiennes. Elle avait, certes, pu se faire la main grâce à ses petites plantations sur son balcon. Et la présence de sa mère, venue habiter avec la famille, a fini de la convaincre : “C’est une experte en jardinage, et cela lui permet de passer le temps agréablement.”

Formule “économique”

Ainsi, avec sa mère et ses enfants, Zhai Fang se rend deux ou trois fois par semaine dans son petit potager, plus le week-end pour se détendre avec son mari. Elle a fait ses comptes : “Grâce aux concombres, aux salades et aux tomates qu’on y récolte toute l’année, je peux quasiment couvrir les besoins quotidiens en légumes de notre foyer de cinq personnes.” Chaque mois, elle économise ainsi de 400 à 500 yuans (de 50 à 65 euros) en fruits et légumes frais. “C’est plus intéressant que d’aller faire ses courses chez Sam’s Club [du nom d’une enseigne américaine de magasins-entrepôts] !”

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En juillet, son mari a récolté tout un tas de concombres. “Il en a rempli deux grands paniers ! Comme on n’aurait jamais pu tout manger, on les a finalement vendus aux habitants de notre résidence au prix de 4 yuans le kilo [50 centimes d’euro]. Assez pour rentrer un peu dans nos frais !” raconte Zhai Fang en riant.

Comme elle, Jin Lu, qui approche la trentaine, loue pour 1 500 yuans [190 euros] une parcelle de 100 m² dans des jardins partagés de l’arrondissement de Minhang, à Shanghai. Une formule à la fois “économique” et bucolique.

Les “joies simples” de la campagne

“Dans la municipalité de Shanghai, le moindre séjour à la ferme coûte de 200 à 300 yuans par personne [environ 30 euros], précise-t-elle. Alors que c’est gratuit quand on va visiter son propre jardin potager.” Sa famille aspirait d’autant plus à jouir des “joies simples” de la campagne qu’elle vit entourée de béton et d’acier, ajoute-t-elle.

Jin Lu a par ailleurs calculé qu’avec la location d’un potager elle pouvait “faire d’une pierre trois coups” : d’une part, elle dispose de légumes en permanence, qui ont poussé en plein air, et peuvent être consommés sans souci grâce à leurs bonnes qualités nutritives ; d’autre part, en y emmenant son enfant tous les week-ends pour s’occuper du jardin, c’est l’occasion de faire un peu d’exercice ; et, par-dessus tout, c’est un nouveau lieu de sortie pour “faire prendre l’air” à son enfant.

“Il adore aller au potager. Il participe en apprenant, peu à peu, à réaliser différentes tâches – bêcher, semer, arroser, ajouter de l’engrais, désherber, biner, cueillir…”

Pour Jin Lu, ce champ de légumes est comme un “lieu d’apprentissage naturel entre parent et enfant”. On y fait l’expérience des difficultés du travail agricole, tout en apprenant à chérir la nourriture. “Quand je travaille ici avec lui, c’est plus intéressant et on échange davantage que lorsque je dois l’aider pour ses devoirs.”

La cueillette des tomates dans un jardin potager situé en banlieue de Yibin, une ville située aux sources du fleuve Yangtsé, dans l’ouest de la Chine, le 10 juillet 2023. JIANG HONGJING/XINHUA/AFP
La cueillette des tomates dans un jardin potager situé en banlieue de Yibin, une ville située aux sources du fleuve Yangtsé, dans l’ouest de la Chine, le 10 juillet 2023. JIANG HONGJING/XINHUA/AFP PHOTO JIANG HONGJING/XINHUA/AFP

Les tracas s’effacent

Les membres de la classe moyenne émergente, plus jeunes et moins disponibles, sont souvent séduits par la formule à 5 000 ou 6 000 yuans par an, où l’on délègue la gestion d’un jardin de 40 m².

“Cultiver des légumes n’est pas l’objectif premier ; pouvoir manger des légumes frais et bio n’est que la cerise sur le gâteau. Ce qui compte avant tout, c’est de pouvoir venir s’allonger dans son petit jardin le week-end, dans un cadre enchanteur de cours d’eau et de montagnes verdoyantes, bercé par le chant des oiseaux et le gargouillis des ruisseaux. Un endroit paradisiaque à deux pas de chez soi.”

“Tous les tracas d’une semaine de travail s’effacent soudainement dès que j’empoigne ma bêche”, sourit Yang Zhang, un cadre moyen âgé de 28 ans, qui travaille depuis cinq ans dans une société du Net à Pékin. Le week-end, il prend volontiers sa voiture pour venir “jouer au jardinier le temps d’une journée” sur sa petite parcelle potagère située en périphérie.

Avec leurs formules “tout compris” adaptées aux besoins des personnes, les jardins partagés offrent de véritables stations de recharge mentale pour ces représentants de la nouvelle classe moyenne qui, comme Yang Zhang, manquent non pas d’argent mais de temps libre. Et qui aspirent à “se rendre dans un endroit paradisiaque pour se remettre en forme”, pour reprendre ses termes.

Le week-end, il apprend à bêcher sa parcelle et à tailler les plantes sur les conseils des encadrants de la ferme, ou fait un tour dans sa propre serre pour découvrir les nouvelles pousses qui viennent de sortir. Bien qu’il réside depuis de nombreuses années à Pékin, il n’avait pas réussi à y trouver ses marques. En plus de l’achat d’un logement, devenir “propriétaire foncier” d’un petit lopin de terre, dans une ferme en banlieue, permet aux gens comme lui de mieux s’enraciner dans une grande ville.

Un soir, après avoir bossé jusqu’à 22 heures, Yang Zhang a roulé en voiture jusqu’à la ferme pour décompresser. Là, en pleine nuit, il s’est mis à cueillir des tomates cerises qu’il a englouties machinalement, séduit par leur goût sucré et acidulé. “Ce sont les meilleures tomates que j’ai mangées de toute ma vie !” s’exclame-t-il.

Le temps plutôt que l’argent

Si le principe des jardins partagés [dans les grandes villes chinoises] n’est pas nouveau, ce qui se développe, c’est bien cette possibilité d’en déléguer la gestion pour quelques milliers de yuans par an, très appréciée des nouveaux citadins.

À Pékin, par exemple, si le lopin de terre potagère brut se loue 40 yuans le m2 [5 euros], le prix s’élève à 125 yuans [16 euros] dans le cas d’un potager avec services “tout compris”. Ce n’est certes pas donné, mais le tarif reste acceptable pour cette nouvelle génération – peut-être parce qu’elle a fait sien l’adage selon lequel “ce qui est précieux, c’est le temps, et non l’argent”.

Pour 5 000 yuans par an, ces jeunes gens disposent ainsi d’une parcelle en location, mais aussi des graines, des engrais, etc. Le gérant de la ferme cultive les légumes à leur place, et peut même proposer de “cueillir et de livrer la récolte lorsque le locataire est trop pris par son métier et n’a pas le temps de s’en occuper”.

Au final, Yang Zhang peut se contenter de choisir les fruits et légumes de saison qu’il désire pour pouvoir ensuite récolter “concombres, tomates, poivrons, haricots, aubergines et autres” à intervalles réguliers, de mars à décembre, sans interruption. Son lopin comportant une serre de 20 m², c’est l’assurance pour lui d’avoir des légumes frais même en hiver. Quant aux 20 m² extérieurs, il peut librement y faire du camping.

Pour un prix tout à fait raisonnable, la nouvelle génération issue de la classe moyenne des grandes villes comme Pékin, Shanghai ou Canton est désormais libre de se détendre dans un cadre idyllique.

Les noms de toutes les personnes mentionnées dans l’article sont des pseudonymes.

L’article original a été publié sur le compte Weixin (ou WeChat) du studio Ranciyuan.

Source de l’article
Weixin (WeChat) (Shenzhen)

Weixin est le moyen de communication le plus populaire en Chine. Le groupe Tencent auquel l’application de messagerie par texte, son ou image appartient fait état de plus d’un milliard de comptes. Mais Weixin est aussi une plateforme de blogs qui donne un espace de relative liberté aux Chinois, dans un environnement médiatique très contrôlé. On y trouve parfois des reportages, des témoignages, des opinions, qui sont signalés par les internautes, faisant de cette plateforme un média vivant, qui n’échappe cependant plus à la censure.
Weixin offre par ailleurs tant de services différents dans le domaine du commerce électronique que c’est aussi devenu un moyen de paiement des plus courants en Chine. L’application a aussi été lancée à l’étranger sous le nom de WeChat et offre des services en plusieurs langues étrangères, dont le français et l’anglais.

Vous allez encore plus détester les radars automatiques

l’Article R130-11 du Code de la route indique que les radars peuvent constater des infractions telles que le non-port de ceinture, le non-respect des distances de sécurité entre les véhicules, le chevauchement de ligne continue, ou encore le niveau d’émission sonore.

 

 

 

 

 

Voilà qui pave la voie à ce nouveau type de radar qui va rendre les motards complètement fous. Vous pouvez retrouver l’intégralité de la liste des infractions énoncées dans l’article R130-11 ici.

Source : Vous allez encore plus détester les radars automatiques

 

 

 

Vous allez encore plus détester les radars automatiques

Le gouvernement allonge la liste des infractions qu’il est possible de constater (et de pénaliser) à l’aide des radars. Attendez-vous à ne plus pouvoir conduire sans prendre d’amendes.

La sécurité routière est un thème très important dans notre société. Seulement, plus le nombre de morts sur la route descend, plus il est difficile de réduire celui-ci sans prendre des mesures drastiques. C’est ainsi que l’on voit apparaître des décrets qui sont de plus en plus restrictifs, voire considérés comme liberticides par certains.

On vous a déjà expliqué comment fonctionnait ce radar utilisant l’intelligence artificielle et qui distribuait des PV par milliers, et voici maintenant pourquoi vous détesterez encore plus les radars maintenant.

Un article qui va faire polémique

L’information est probablement passée sous les radars, mais le gouvernement français vient d’autoriser par décret une très longue liste d’infractions qui peuvent maintenant être constatées par les radars homologués. Là où cela devient compliqué, c’est que cette liste d’infractions est maintenant répréhensible sans avoir besoin d’être interpellé par les forces de l’ordre qui ont pu constater lesdites infractions.

Caméra radar Heads up
© Acusensus

Pour vous donner un exemple, l’Article R130-11 du Code de la route indique que les radars peuvent constater des infractions telles que le non-port de ceinture, le non-respect des distances de sécurité entre les véhicules, le chevauchement de ligne continue, ou encore le niveau d’émission sonore. Voilà qui pave la voie à ce nouveau type de radar qui va rendre les motards complètement fous. Vous pouvez retrouver l’intégralité de la liste des infractions énoncées dans l’article R130-11 ici.

Une façon de conduire robotisée

Les nouveaux types de radars qui sont petit à petit déployés en France permettent notamment de constater plusieurs infractions de façon simultanée, additionnant donc le nombre d’actes répréhensibles par la loi. Bien sûr, tout ceci a pour but de faire baisser d’autant plus le nombre de morts et de blessés sur les routes de France.

Mais certains points nous laissent perplexes sur le fait de pouvoir conduire normalement. La conduite suit les règles strictes du Code de la route, avec lesquelles il faut parfois gérer chaque situation en s’adaptant. Est-ce que la constatation de certaines de ces infractions par des radars ne va pas rendre l’adaptabilité de la conduite impossible ? Voici qui devrait donner du grain à moudre parmi les adeptes de la conduite totalement autonome.

En tout cas, attention aux multiples infractions, car votre permis va vite fondre comme neige au soleil avec la mise en place de nouveaux radars. Pour rappel, les radars ont rapporté plus de 700 millions d’euros l’année dernière, et devraient rapporter 1 milliard d’euros cette année selon les estimations.

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  • Un décret publié l’été dernier allonge la liste des infractions qu’il est possible de constater automatiquement par les radars.
  • Elles sont donc maintenant répréhensibles automatiquement, sans avoir à être interpellées par les forces de l’ordre.
  • L’intégralité de la liste des infractions contenues par l’article R130-11 du Code de la route se trouve ici.

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037411183#:~:text=Font%20foi%20jusqu’%C3%A0%20preuve,pr%C3%A9vu%20%C3%A0%20l’article%20R.

 

Article R130-11

Version en vigueur depuis le 08 juillet 2023

Modifié par Décret n°2023-563 du 5 juillet 2023 – art. 7

Font foi jusqu’à preuve du contraire les constatations, effectuées par ou à partir des appareils de contrôle automatique ayant fait l’objet d’une homologation, relatives aux infractions sur :

1° Le port d’une ceinture de sécurité homologuée dès lors que le siège qu’il occupe en est équipé prévu à l’article R. 412-1 ;

2° L’usage du téléphone tenu en main prévu aux premier, quatrième et cinquième alinéas de l’article R. 412-6-1 ;

3° L’usage de voies et chaussées réservées à certaines catégories de véhicules prévu aux II et III de l’article R. 412-7 ;

4° La circulation sur les bandes d’arrêt d’urgence prévue à l’article R. 412-8 ;

5° Le respect des distances de sécurité entre les véhicules prévu à l’article R. 412-12 ;

6° Le franchissement et le chevauchement des lignes continues prévus à l’article R. 412-19 ;

6° bis Le sens de la circulation prévu aux articles R. 412-28 et R. 421-6 ;

7° Les signalisations imposant l’arrêt des véhicules prévues aux articles R. 412-30 et R. 415-6 ;

8° Les vitesses maximales autorisées prévues aux articles R. 413-14 et R. 413-14-1 ;

9° Le dépassement prévu aux II et IV de l’article R. 414-4 et aux articles R. 414-6 et R. 414-16 ;

10° L’engagement dans une intersection ou dans l’espace compris entre les deux lignes d’arrêt prévu à l’article R. 415-2 ;

11° L’obligation du port d’un casque homologué d’une motocyclette, d’un tricycle à moteur, d’un quadricycle à moteur ou d’un cyclomoteur prévue à l’article R. 431-1 ;

12° L’obligation, pour faire circuler un véhicule terrestre à moteur, d’être couvert par une assurance garantissant la responsabilité civile, prévue aux articles L. 211-1 et L. 211-2 du code des assurances et à l’article L. 324-2 ;

13° Le niveau d’émissions sonores prévue au deuxième alinéa de l’article R. 318-3 ;

14° Les limites de poids des véhicules ou ensembles de véhicules prévues aux articles R. 312-2 et R. 312-3, au VII de l’article R. 312-4 et aux articles R. 312-5 et R. 312-6 ;

15° La circulation d’un véhicule en marche normale sur la partie gauche d’une chaussée à double sens de circulation prévue au septième alinéa de l’article R. 412-9.

 

Article R412-12

Version en vigueur depuis le 01 avril 2003

Modifié par Décret n°2003-293 du 31 mars 2003 – art. 2 () JORF 1er avril 2003

I. – Lorsque deux véhicules se suivent, le conducteur du second doit maintenir une distance de sécurité suffisante pour pouvoir éviter une collision en cas de ralentissement brusque ou d’arrêt subit du véhicule qui le précède. Cette distance est d’autant plus grande que la vitesse est plus élevée. Elle correspond à la distance parcourue par le véhicule pendant un délai d’au moins deux secondes.

II. – Hors agglomération, lorsque des véhicules ou des ensembles de véhicules, dont le poids total autorisé en charge dépasse 3,5 tonnes ou dont la longueur dépasse 7 mètres, se suivent à la même vitesse, la distance de sécurité mentionnée au I est d’au moins 50 mètres.

III. – Les dispositions du II ne sont applicables ni aux convois et aux transports militaires et des unités de la police nationale ni aux véhicules des unités d’instruction et d’intervention de la sécurité civile, qui font l’objet de règles particulières.

IV. – Pour les ouvrages routiers dont l’exploitation ou l’utilisation présente des risques particuliers, l’autorité investie du pouvoir de police peut imposer des distances de sécurité plus grandes entre les véhicules.

V. – Le fait, pour tout conducteur, de contrevenir aux dispositions du présent article est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe.

VI. – Tout conducteur qui a contrevenu aux règles de distance prises en application du présent article encourt également la peine complémentaire de suspension, pour une durée de trois ans au plus, du permis de conduire, cette suspension pouvant être limitée à la conduite en dehors de l’activité professionnelle.

VII. – La contravention prévue au V donne lieu de plein droit à la réduction de 3 points du permis de conduire.

 

Distance de sécurité

Elle correspond à la distance parcourue par le véhicule pendant au moins deux secondes.

Pour la calculer approximativement, il suffit de multiplier le chiffre des dizaines de la vitesse par 6 :

  • à 50 km/h, 5 x 6 = 30 mètres par rapport au véhicule qui précède,
  • à 90 km/h, 9 x 6 = 54 mètres, par rapport au véhicule qui précède,
  • à 110 km/h, 11 x 6 = 66 mètres, par rapport au véhicule qui précède,
  • à 130 km/h, 13 x 6 = 78 mètres. par rapport au véhicule qui précède.

Sur la route, le conducteur doit toujours maintenir une distance de sécurité suffisante par rapport au véhicule qui le précède, afin d’éviter toute collision. Cette distance est d’autant plus grande que la vitesse est plus élevée.

Sur autoroute, il faut laisser impérativement 2 lignes de la bande d’arrêt d’urgence derrière le véhicule qui précède, soit environ 90 mètres.

38 m (ligne) + 14 m (espace) + 38 m (ligne) = 90 mètres

Hors agglomération, lorsque des véhicules ou ensembles de véhicules de plus de 3,5 tonnes ou plus de 7 mètres de long (ex : véhicules tractant une caravane) se suivent à la même vitesse, la distance de sécurité qu’ils doivent respecter est d’au moins 50 mètres.

 

 

 

 

Peine confirmée en appel pour Alexandre Benalla, 3 ans de prison dont 1 an ferme

L'ancien chargé de mission de l’Élysée Alexandre Benalla arrive au Palais de Justice de Paris le 9 juin 2023

L’ancien chargé de mission de l’Élysée Alexandre Benalla arrive au Palais de Justice de Paris le 9 juin 2023

afp.com/Christophe ARCHAMBAULT

L’ex-proche du président Emmanuel Macron, aujourd’hui âgé de 32 ans, a en outre été reconnu à nouveau coupable d’avoir frauduleusement usé de ses passeports diplomatiques après son licenciement, fabriqué un faux document pour obtenir un passeport de service et porté illégalement une arme en 2017.

Plus de cinq ans après le scandale politique qui porte son nom, Alexandre Benalla, costume bleu foncé et lunettes rondes, a écouté à la barre la décision prononcée en quelques secondes, sans motivation de la peine.

Source : Peine confirmée en appel pour Alexandre Benalla, 3 ans de prison dont 1 an ferme

 

Paris

Peine confirmée en appel pour Alexandre Benalla, 3 ans de prison dont 1 an ferme

Paris – L’ancien chargé de mission de l’Élysée Alexandre Benalla a été condamné en appel vendredi à Paris à trois ans d’emprisonnement, dont un an ferme aménageable, dans l’affaire des violences du 1er mai 2018, une peine identique à celle prononcée en première instance.

L'ancien chargé de mission de l’Élysée Alexandre Benalla arrive au Palais de Justice de Paris le 9 juin 2023

L’ancien chargé de mission de l’Élysée Alexandre Benalla arrive au Palais de Justice de Paris le 9 juin 2023

afp.com/Christophe ARCHAMBAULT

Plus de cinq ans après le scandale politique qui porte son nom, Alexandre Benalla, costume bleu foncé et lunettes rondes, a écouté à la barre la décision prononcée en quelques secondes, sans motivation de la peine.

Celui qui vit aujourd’hui en Suisse et travaille dans le privé n’a pas fait de déclaration en sortant de la salle d’audience.

La cour d’appel a confirmé la peine de prison infligée par le tribunal correctionnel le 5 novembre 2021, ainsi que l’amende de 500 euros et les interdictions de porter une arme pendant 10 ans et d’exercer une fonction publique pendant 5 ans.

Si le tribunal avait aménagé directement la partie ferme en détention à domicile sous bracelet électronique, la cour d’appel a décidé de laisser un juge d’application des peines (JAP) décider de l’aménagement adéquat.

La peine de son coprévenu et ami Vincent Crase, 50 ans, a elle aussi été confirmée: deux ans de prison avec sursis et 10 ans d’interdiction de port d’arme. Seule différence: il n’a pas écopé cette fois d’une amende de 500 euros.

Les images d’Alexandre Benalla place de la Contrescarpe, filmées par le journaliste et militant Taha Bouhafs, avaient déclenché une tempête politique durable en juillet 2018, quand Le Monde avait identifié, sous le casque des forces de l’ordre, ce proche du président.

Les deux hommes qui n’assistaient au défilé qu’en tant qu’observateurs sont sanctionnés pour avoir brutalisé plusieurs personnes dans le Quartier latin en marge de la manifestation parisienne. Ils ont néanmoins été relaxés pour les violences concernant une jeune femme dans le Jardin des plantes.

Depuis l’origine, Alexandre Benalla soutient qu’il avait voulu, par réflexe citoyeninterpeller des agresseurs de policiers, lors d’une manifestation émaillée d’incidents.

La cour d’appel a estimé au contraire, comme le tribunal, qu’ils étaient bien coupables de violences en réunion et d’usurpation de la fonction de policier ce jour-là.

 

 

 

« «Un peu homme, un peu femme», mais il n’assume rien: qui est vraiment Emmanuel Macron? | le360.ma »

« Ce manque de courage à assumer une orientation sexuelle aurait été anecdotique s’il ne révélait pas un trait de caractère récurrent dans l’action politique de Macron: l’incapacité d’assumer ses actes, la peur de faire face, le calcul, la procrastination, le fait d’enjamber les institutions comme le Parlement à coups de lois passées sans débats, en activant le 49-3, sans le risque de mener une bataille pour convaincre du bien-fondé d’une réforme. »

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Source : «Un peu homme, un peu femme», mais il n’assume rien: qui est vraiment Emmanuel Macron? | le360.ma

INTERNATIONAL

«Un peu homme, un peu femme», mais il n’assume rien: qui est vraiment Emmanuel Macron?

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De gauche à droite: Stéphane Séjourné, Brigitte Macron, Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, Mathieu Gallet et Gabriel Attal.
De gauche à droite: Stéphane Séjourné, Brigitte Macron, Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, Mathieu Gallet et Gabriel Attal.

Il dit ne pas supporter le mensonge, la duplicité et rappelle à qui veut l’entendre la solidité de son mariage avec Brigitte Trogneux. Mais aussi bien certains de ses actes manqués que son entourage proche, étonnamment et quasi exclusivement fait de «beaux gosses», interrogent quant à l’identité du chef d’Etat français. S’il est libre de ses choix, Emmanuel Macron n’assume rien. Mieux, il en joue. Venant d’un donneur de leçon attitré, il y a comme un souci de cohérence.

Le 21/09/2023 à 18h21

Qu’on se l’avoue: la France n’aura jamais eu un président de la République aussi beau gosse, aussi jeune et dynamique, aussi dans l’air du temps. C’est celui que l’on «surprend», samedi 4 mars dernier, une bière à la main, en train de faire la fête à Kinshasa, assistant à un concert de la célébrité congolaise Fally Ipupa et prolongeant, décontracté, la soirée dans les rues de la ville… à quelques heures de la grève intersyndicale contre la réforme des retraites en France. C’est celui qui tient absolument à se rendre, samedi 26 août 2022, à «Disco Maghreb», ce temple de la musique raï situé à Oran, popularisé par DJ Snake, au détour d’une visite officielle en Algérie. Le bilan de la visite attendra, mais le plus important, c’est le cliché. Véritable Justin Bieber des médias, droit devant l’adversité sur les plateaux de télévision et mêlant phrases savantes de grands auteurs, expressions du terroir français et langage des quartiers, Emmanuel Macron plaît.

Lui donner un pupitre, c’est lui offrir une scène sur laquelle il déploie un talent certain d’orateur, mais aussi de showman à la gestuelle parfaite et qui ne laisse rien au hasard. C’est ce qu’on pourrait qualifier de casting réussi. Le Président de la République y met les moyens. Pour les seuls trois premiers mois de son premier mandat présidentiel, révélait l’hebdomadaire Le Point, l’Elysée a dû s’acquitter d’une facture de 26.000 euros en frais… de maquillage. Emmanuel Macron cherchait alors à se distinguer de son prédécesseur, François Hollande, en ne salariant personne pour le maquiller avant ses prestations publiques. «Le chef de l’État a toutefois tenu à garder Natacha M., 40 ans, qui s’occupait de lui durant la campagne. Elle a envoyé deux factures, que Le Point a consultées. Leur montant: 10.000 et 16.000 euros», lit-on.

Dès qu’un public se présente, Emmanuel peut être sérieux, stoïque, en rogne, drôle… C’est à la demande et en fonction, tiens, de l’air du temps. Le fond est bien souvent relégué au second plan. Mais à vouloir être la chose et son contraire, et le tout «en même temps», le chef d’Etat français s’y perd. Au risque de trahir certains penchants, notamment homosexuels? S’il est libre de ses choix, c’est surtout le fait qu’Emmanuel Macron ne les assume pas qui interpelle. D’autant que l’Etat profond français et ses relais médiatiques ne cessent de servir des leçons de morale en matière de transparence.

La vie privée d’Emmanuel Macron est précieusement cachée. Certains signes ne trompent pas. Il y a d’abord son entourage immédiat et sa garde rapprochée. Ses «mignons», ironise une source française bien au fait du sujet. Citons Stéphane Séjourné, ancien conseiller (et toujours très proche) d’Emmanuel Macron. Ouvertement homosexuel, il est secrétaire général du parti Renaissance depuis 2022, député européen et président du groupe Renew. C’est surtout à lui que nous devons la cabale orchestrée au sein du Parlement européen contre le Maroc. À l’arrivée, entre le 19 janvier et le 16 février 2023, deux résolutions non contraignantes mais clairement hostiles au Maroc.

Stéphane Séjourné a un compagnon attitré. Et ce dernier n’est autre que Gabriel Attal, également partie intégrante du sérail de Macron. Actuellement ministre de l’Education, Attal a, entre autres, été porte-parole du gouvernement. Depuis qu’il a rejoint en 2016 En Marche, le parti fondé par Macron, il n’a plus quitté ce dernier.

Plus qu’une question d’entourage, la question porte sur Emmanuel Macron himself. En 2016, le tout Paris en est persuadé: le ministre de l’Economie (de l’époque) est en couple avec le jeune président de Radio France alors, Mathieu Gallet, là encore un beau gosse professionnel. Non seulement le candidat Macron serait un «homosexuel honteux», mais il entretiendrait aussi une relation extra-conjugale, étant donné qu’il est déjà marié à Brigitte Macron, de 24 ans plus âgée que lui et qui, sur le chemin, n’a pas échappé à des doutes concernant son identité sexuelle. Au point que certains ont questionné la profondeur de l’idylle qui unit Emmanuel Macron et Brigitte Trogneux, affirmant qu’il s’agit d’une couverture pour cacher sa double vie.

La rumeur a poursuivi Emmanuel Macron jusqu’à sa campagne pour la présidentielle. Son adversaire d’alors, un certain Nicolas Sarkozy, semblait même la conforter. «Que voulez-vous que j’en pense? Il [Emmanuel Macron] est cynique. Un peu homme, un peu femme, c’est la mode du moment. Androgyne. Ce qui vous plaît chez Macron, c’est que vous aimez toujours ceux qui ne vous obligent pas à choisir», avait-il déclaré pour Le Pointen mai 2016. Le 28 février 2017, malin et devenu chef d’Etat, Macron a choisi de prendre son temps et le magazine gay le plus important de France, Têtu, pour revenir sur le sujet. «Si j’avais été homosexuel, je le dirais et je le vivrais», avait-il suggéré. On retiendra que la question méritait effectivement d’être posée. Mais, même en France, Emmanuel Macron aurait-il été élu s’il avait fait son coming out? Mystère.

Les polémiques ne se sont pas tues pour autant. Une autre affaire va éclater durant l’été 2018, lorsque jaillira l’affaire Alexandre Benalla, du nom du sulfureux ex-chargé de mission d’Emmanuel Macron qui était accusé de violences. Le chef d’Etat français a déployé une telle énergie pour défendre son «protégé» que des doutes se sont installés sur l’existence d’une prétendue romance entre les deux hommes. Des journalistes se sont d’ailleurs interrogés «si Benalla était plus qu’un proche du Président de la République». L’ascension fulgurante d’Alexandre Benalla, depuis son recrutement par le couple présidentiel, lequel n’hésitait pas à lui confier même les clés de sa résidence au Touquet, a contribué à alimenter les soupçons.

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Dans son livre «Présumé coupable», Vincent Crase, un des protagonistes de l’affaire, affirme qu’Alexandre Benalla avait un accès privilégié à la vie privée du Président de la République, dont il connaît bien des détails le concernant, ainsi que son épouse. Benalla «connaît les goûts, les manies, les habitudes, les horaires du président comme sa façon de fonctionner. (…) Lorsque le couple veut organiser une sortie au théâtre ou au restaurant, il est à la manœuvre, avec des consignes de discrétion maximales.» Des propos qui ont été confirmés par une source proche de Macron, selon laquelle «Benalla vivait dans l’intimité du couple présidentiel» et «a donc eu à connaître des choses qui font qu’il avait un statut réel auprès du Président, bien supérieur à son statut sur le papier».

Ce manque de courage à assumer une orientation sexuelle aurait été anecdotique s’il ne révélait pas un trait de caractère récurrent dans l’action politique de Macron: l’incapacité d’assumer ses actes, la peur de faire face, le calcul, la procrastination, le fait d’enjamber les institutions comme le Parlement à coups de lois passées sans débats, en activant le 49-3, sans le risque de mener une bataille pour convaincre du bien-fondé d’une réforme.

A l’international, Emmanuel Macron ne fait face qu’à des adversaires plus faibles que lui. Personne n’a oublié sa plaisanterie puant la condescendance, à Ouagadougou en novembre 2017, sur l’ancien président burkinabé Roch Kaboré. Cela s’est passé devant 800 étudiants dans un amphithéâtre où il faisait lourd, la climatisation étant insuffisante ou défectueuse. Après près de deux heures, le président burkinabé quitte la salle, momentanément, et Macron commente son absence en s’adressant aux étudiants par un propos indigne d’un homme d’Etat: «II est parti réparer la climatisation.»

En revanche, quand il est confronté à une puissance égale ou plus forte, Macron ne fait pas face. Il bat en retraite. Tout le monde se souvient de l’humiliation que lui a fait subir Vladimir Poutine quand il l’a fait asseoir à l’autre bout d’une table longue de six mètres. Ou encore le coup de Jarnac de ses alliés occidentaux quand, en 2021, le gouvernement australien a déchiré «le contrat du siècle» (31 milliards d’euros) pour l’achat de sous-marins français, leur préférant des submersibles américains et britanniques. Macron a protesté du bout de la langue contre ses alliés occidentaux, empêché qu’il est de faire face, d’assumer la confrontation ou de défendre les intérêts de la France.

A l’instar de sa vie privée, Emmanuel Macron est un président qui ne prend pas de risque. Ne pas prendre de risque dans la vie politique, c’est être certain de ne pas s’attaquer aux problèmes de la société. À ce sujet, le chef d’Etat français ne prend pas le taureau par les cornes, il esquive, dilue l’action dans des annonces qui distraient la presse, étonnamment indulgente à son égard. À la suite des émeutes après le meurtre à bout portant du jeune Nahel par un policier à Nanterre, Macron a invité, le 31 août dernier, les chefs de file des partis politiques à un marathon à huis clos pour discuter pendant des heures interminables des«voies d’action qui pourront trouver des traductions concrètes et rapides dans les réalisations du gouvernement et des textes législatifs bâtis ensemble».

Ce forum, d’où ne sortira pas de décision importante, est devenu une fin de soi, occupant les médias, et maquillant l’essentiel: la répulsion du chef de l’Etat à faire face.

Emmanuel Macron change souvent d’humeur, de direction au gré des sondages. Seule compte la capacité de plaire dans le moment, fut-ce en renonçant à des engagements antérieurs et en faisant de la procrastination l’une des marques de sa gouvernance. Or cette incapacité à assumer épuise les ressources de l’«en même temps» que Macron a élevé au rang d’un concept suffisamment éloquent sur la peur d’endosser ce que l’on est ou des choix politiques. Être en même temps «un peu homme, un peu femme»dans la vie privée peut comporter des agréments, mais en tant que président d’un Etat, cela dénote d’un défaut de virilité politique… préjudiciable à la France.

Par Tarik Qattab
Le 21/09/2023 à 18h21
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Être cheval (Jérôme Clément-Wilz, 2016) – HENRI – La Cinémathèque française

Le pony-play est un rituel de domination entre un dresseur et un dressé, une métamorphose orchestrée pour qu’un humain finisse par se comporter comme un cheval.

Outre le vocabulaire d’assujettissement, il est question de tout un attirail avec combinaison de cuir et queue intégrée, harnais, mors, brides, fouet, carriole et bien évidemment sabots.

Mais Être cheval, jamais salace, laisse vite de côté les clichés BDSM et ne cherche pas à témoigner ou expliquer un imaginaire.

Le pony-play reste comme une butée indéchiffrable, inatteignable pour les non-initiés.

Nous sommes témoins d’une réciprocité dont nous sommes exclus, mais par contre, nous prenons en pleine face une certaine définition de la liberté.

Le sujet d’Être cheval demeure la quête initiatique de Karen Chessman, 51 ans, ancien professeur et père d’un enfant, et les premiers plans du documentaire, somptueuses images de nature façon Genèse, en témoignent.

Lors d’une émission de télévision sur l’animalité, Antoine de Caunes demande à Karen Chessman de se définir. Karen répond du tac au tac, à sa manière : « Je suis d’abord un homme, biologiquement. Ensuite, je passe par le stade féminin et ensuite je passe par le stade féminin-cheval, donc jument. En fait, je suis les trois. » Karen est également dessinatrice, performeuse et poète.

Source : Être cheval (Jérôme Clément-Wilz, 2016) – HENRI – La Cinémathèque française

Être cheval

Jérôme Clément-Wilz
France / 2016 / 1:02:58 / VO avec sous-titres français en option
Avec Karen Chessman.

Karen est adepte du pony-play, une pratique qui consiste à se transformer en cheval et à être dressé comme tel. À travers ce jeu de soumission et de domination, Karen questionne et abandonne progressivement son identité humaine pour vivre une quête mystique.

Production : Kidam, Vice Media France.

Remerciements à Jérôme Clément-Wilz et François-Pierre Clavel.


« J’ai toujours voulu filmer des personnes qui ne veulent pas vivre assises. Qui ont des quêtes parfois trop grandes pour elles, toujours de l’ordre de l’utopie. J’aime ceux qui prennent le risque de se dépasser, dépasser les limites de leur âme, de leur corps. Comme dans Être cheval, où Karen se dit que sa condition n’est pas figée. Je trouve ces actes de bravoure assez forts. Je veux voir comment la vie peut devenir un terrain de jeu. Bien sûr, j’observe aussi la confrontation à la réalité et ce que j’appelle « l’ivresse des altitudes », quand on est dépassé parce qu’on a accompli. Les personnages que je suis veulent grimper l’Everest, à un moment l’oxygène se raréfie, ils sont fragiles mais se révèlent. » (Jérôme Clément-Wilz)

« Qui veut voyager loin ménage sa monture. » (Racine, Les Plaideurs)

Le pony-play est un rituel de domination entre un dresseur et un dressé, une métamorphose orchestrée pour qu’un humain finisse par se comporter comme un cheval. Outre le vocabulaire d’assujettissement, il est question de tout un attirail avec combinaison de cuir et queue intégrée, harnais, mors, brides, fouet, carriole et bien évidemment sabots. Mais Être cheval, jamais salace, laisse vite de côté les clichés BDSM et ne cherche pas à témoigner ou expliquer un imaginaire. Le pony-play reste comme une butée indéchiffrable, inatteignable pour les non-initiés. Nous sommes témoins d’une réciprocité dont nous sommes exclus, mais par contre, nous prenons en pleine face une certaine définition de la liberté. Le sujet d’Être cheval demeure la quête initiatique de Karen Chessman, 51 ans, ancien professeur et père d’un enfant, et les premiers plans du documentaire, somptueuses images de nature façon Genèse, en témoignent. Lors d’une émission de télévision sur l’animalité, Antoine de Caunes demande à Karen Chessman de se définir. Karen répond du tac au tac, à sa manière : « Je suis d’abord un homme, biologiquement. Ensuite, je passe par le stade féminin et ensuite je passe par le stade féminin-cheval, donc jument. En fait, je suis les trois. » Karen est également dessinatrice, performeuse et poète. Elle s’est initiée au pony-play de 2007 à 2015 auprès de Foxy Davis (le film évoque donc la fin d’un accomplissement, alors que depuis elle a gagné un prix de vice-championne aux USA) et des membres de la tribu des Nez-Percés en Floride, épisode-révélation de son « esprit cheval ». Mais Karen est aussi punk et ne manque pas d’humour. Les séquences alternent entre confidences parfois cruelles et mélancoliques, moments de vie inattendus (avec la présence bienveillante et élégante du réalisateur Jérôme Clément-Wilz, jamais loin, que ce soit dans un reflet de vitre ou lors d’un échange direct) et apprentissage rigoureux avec l’impénétrable Foxy, le tout formant un ensemble performatif unique et poétique.

Être cheval cite à sa façon Robert Bresson et son Balthazar (l’âne fait partie de la famille des équidés, après tout). Nous autres humains, nous sommes trop conscients, de nos actes, de nos pensées, de notre existence. Et à la fois, nous sommes totalement inconscients de notre « corps profond » (Edgar Morin). Alors que les animaux, c’est le contraire : ils savent encore écouter leur organisme interne et trouver spontanément des réponses. Les humains sont devenus aveugles et sourds aux messages intérieurs. Et c’est pour cette raison que Bresson aime tant filmer les bêtes, ou qu’une quête de soi comme Être cheval – la compréhension de notre corps profond, de son éventuelle transition – peut passer par l’animalité, soit l’adoption d’une autre sensibilité, « l’apprentissage de la faiblesse ». Karen pose ainsi, à sa manière, les questions de la variabilité du désir, de l’identité et de la nature même d’être humain, fardeau pas évident à porter.

Être cheval pourrait être une histoire de la bipédie. Si on reprend le concept de l’archéologue André Leroi-Gourhan, que c’est la bipédie de l’homme qui a développé sa raison, voire sa faculté de langage, on pourrait aussi dire que la position verticale a engendré la capacité de l’humain à produire de l’irrationnel, de la déraison, de l’imaginaire. Le redressement sur deux membres provoquerait un déséquilibre que « l’homme compense en se rattrapant indéfiniment », en marchant, en faisant des pas, mouvement transitoire et instable (autre lien possible avec la question de genre et de sexe). En raccourci, l’homme ne rêve que parce qu’il marche, et il ne marche que parce qu’il parle. Karen, par le rituel particulier du pony-play, accède à une révélation. Karen marche, rêve et parle. Karen est libre. Et c’est pour cette raison qu’Être cheval est un grand film politique.

Et comme Clarice Lispector écrit dans Près du cœur sauvage : « Je vivrai plus grande que dans l’enfance, je serai brutale et mal faite comme une pierre, je serai légère et vague comme ce que l’on sent et ne comprend pas, je me dépasserai en ondes, ah, Dieu, et que tout vienne et tombe sur moi, jusqu’à l’incompréhension de moi-même en certains moments blancs parce qu’il suffit de m’accomplir et alors rien n’empêchera mon chemin jusqu’à la mort-sans-peur, de toute lutte ou repos je me lèverai forte et belle comme un jeune cheval. »

Émilie Cauquy


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Document inédit ce jeudi soir : Paris, le mystère du Palais disparu. – LeBlogTVNews

Paris, le mystère du Palais disparu, documentaire inédit ce jeudi 7 septembre à 21h05 sur France 5.

Au cœur de Paris, un Palais entier a disparu. C’était la toute première demeure des Rois de France.

Le tout premier château de nos souverains. Bien avant Versailles… Bien avant le Louvre…

Il y a eu le Palais de la Cité. Il se dressait sur l’île la plus prestigieuse de Paris, le berceau historique de la France, face à Notre Dame.

Le Palais de la Cité, si majestueux au Moyen-Âge, est devenu un fantôme de l’histoire.

Avec les siècles, ce chef d’œuvre d’architecture a presque totalement disparu. Englouti, dans Paris, et effacé de nos mémoires. Comme si le Palais de la Cité avait succombé à une malédiction…

Pourquoi ? Et à quoi ressemblait-il ? Pour la première fois, un trio d’experts va le ressusciter, en 3D. Grâce à la science et à des fouilles inédites, ils vont traquer les pièces du puzzle pour reconstituer le Palais de la Cité à son apogée, au 14e siècle.

Et redonner vie aux fantômes qui l’ont hanté : des romains aux vikings, de Saint-Louis aux rois maudits… Tous nous ont laissé des indices de ce Versailles du Moyen-Âge. Un film de Stéphane Jacques.

Source : Document inédit ce jeudi soir : Paris, le mystère du Palais disparu. – LeBlogTVNews

La CGT a un projet pour sauver Valdunes | L’Humanité

« Aujourd’hui, la SNCF nous commande 7 500 roues par an, contre 55 000 à une époque », précise Philippe Lihouck, délégué CGT de la forge de Valdunes.

« Aujourd’hui, la SNCF nous commande 7 500 roues par an, contre 55 000 à une époque », précise Philippe Lihouck, délégué CGT de la forge de Valdunes.
Mathieu Dréan

 

Trith-Saint-Léger (Nord), correspondance particulière.

«C’est du 100 % chinois. On ne fait aucun usinage, que de l’assemblage. » À côté de sa ligne de production, Pascal Hocq désigne, désabusé, les caisses de bois d’où sont sortis deux axes et quatre roues. Déballage, nettoyage, graissage, assemblage : le tour est joué. Recruté au départ comme apprenti, l’ouvrier travaille sur le site d’usinage de Valdunes de Trith-Saint-Léger, près de Valenciennes, depuis vingt-sept ans. Ici, on sait pourtant réaliser un essieu ferroviaire de A à Z, à partir des pièces d’acier envoyées par la forge de l’entreprise située à Leffrinckoucke, près de Dunkerque. Mais depuis le rachat, en 2014, par le géant chinois MA Steel, beaucoup de choses ont changé. « Ils nous ont beaucoup observés et filmés », se souvient-il. Au point d’acquérir le savoir-faire de la dernière entreprise française d’essieux ferroviaires. « Au départ, ils ne savaient même pas “boîter” les roulements, caler les roues, ni mettre en peinture », assure-t-il.

Source : La CGT a un projet pour sauver Valdunes | L’Humanité

 

La CGT a un projet pour sauver Valdunes

Industrie La secrétaire générale de la confédération syndicale, Sophie Binet, s’est rendue vendredi auprès des 340 salariés plongés dans l’angoisse depuis que leur actionnaire chinois les a lâchés. Elle a évoqué plusieurs pistes, dont une reprise de l’entreprise de fabrication d’essieux par un consortium Alstom-SNCF.

Publié le

Lundi 4 septembre 2023

« Aujourd’hui, la SNCF nous commande 7 500 roues par an, contre 55 000 à une époque », précise Philippe Lihouck, délégué CGT de la forge de Valdunes.

« Aujourd’hui, la SNCF nous commande 7 500 roues par an, contre 55 000 à une époque », précise Philippe Lihouck, délégué CGT de la forge de Valdunes.
Mathieu Dréan

Trith-Saint-Léger (Nord), correspondance particulière.

«C’est du 100 % chinois. On ne fait aucun usinage, que de l’assemblage. » À côté de sa ligne de production, Pascal Hocq désigne, désabusé, les caisses de bois d’où sont sortis deux axes et quatre roues. Déballage, nettoyage, graissage, assemblage : le tour est joué. Recruté au départ comme apprenti, l’ouvrier travaille sur le site d’usinage de Valdunes de Trith-Saint-Léger, près de Valenciennes, depuis vingt-sept ans. Ici, on sait pourtant réaliser un essieu ferroviaire de A à Z, à partir des pièces d’acier envoyées par la forge de l’entreprise située à Leffrinckoucke, près de Dunkerque. Mais depuis le rachat, en 2014, par le géant chinois MA Steel, beaucoup de choses ont changé. « Ils nous ont beaucoup observés et filmés », se souvient-il. Au point d’acquérir le savoir-faire de la dernière entreprise française d’essieux ferroviaires. « Au départ, ils ne savaient même pas “boîter” les roulements, caler les roues, ni mettre en peinture », assure-t-il.

En mai dernier, MA Steel a annoncé qu’il ne mettrait plus un centime dans sa filiale, plongeant dans l’inconnu les 340 salariés des deux sites qui se sont mis en grève plusieurs semaines, à l’appel de la CGT. Bercy s’est penché sur le dossier et le tribunal de commerce a enclenché une procédure de conciliation destinée à trouver un repreneur. « Valdunes est la priorité de la rentrée de la CGT, le symbole de l’impasse de la financiarisation de l’industrie », commente Sophie Binet venue à Trith-Saint-Léger, vendredi, pour soutenir les salariés à nouveau appelés à cesser le travail pour protester contre le manque d’informations et de perspectives. Les repreneurs potentiels ont jusqu’au 8 septembre pour se signaler. « Nous voulons la transparence sur ces dossiers et ne pas tout apprendre au dernier moment », insiste la secrétaire générale de la CGT.

La journée de vendredi commence par une visite du site en présence de son directeur, François Demilly. Ce dernier évoque une liste de « 10-15 candidats » à la reprise mais reconnaît son caractère hétéroclite : « Certains sont des clients, d’autres pas du métier… » Délégué CGT du site de Trith, Maxime Savaux pense surtout à deux concurrents, le tchèque Bonatrans et l’italien Lucchini, venus visiter les lieux. « Ils viendront chercher nos carnets de commandes et ils partiront », prédit-il. Il craint également que, contrairement à toute logique industrielle, les sites de Valenciennes et de Dunkerque ne soient découpés. François Demilly essaie de rassurer : au moins, les concurrents « sont des acteurs du métier ».

Autre difficulté : l’actionnaire chinois, une fois dépassée la ligne de crédit accordée à Valdunes, a limité la fourniture de pièces. « Nous avons dû baisser la voilure et perdu des marchés, surtout dans le fret », reconnaît le directeur, qui a sollicité la SNCF et la RATP pour avancer des commandes programmées pour l’année prochaine. Avec les pouvoirs publics, il négocie des « reports de charges » et un million d’euros de crédit impôt recherche doit être débloqué prochainement.

La « nationalisation » est évoquée

Cela ne saurait constituer une « vraie politique industrielle », insiste Sophie Binet sur le parking de l’entreprise, à l’heure des prises de parole. La CGT a travaillé sur un « projet pour l’avenir de Valdunes » supposant un renflouement de la trésorerie, qui pourrait afficher un trou de 200 000 euros en octobre. Plusieurs pistes sont listées : prêt garanti par l’État, prise de participation au capital, « fléchage vers Valdunes de fonds liés aux plans France 2030 ou ferroviaire 2024 (doté de 100 milliards d’euros – NDLR) ». La « nationalisation », même partielle, même temporaire, est évoquée. À terme, un « consortium Alstom-SNCF » pourrait reprendre l’entreprise. Alstom, dont l’État est actionnaire, ferait de Valdunes sa filiale et la SNCF redeviendrait un gros client. « Aujourd’hui, la SNCF nous commande 7 500 roues par an, contre 55 000 à une époque », précise Philippe Lihouck, délégué CGT de la forge de Valdunes.

Pour souligner que le dossier est autant politique qu’économique, la journée s’est terminée par un meeting dans la salle des fêtes de Trith. « Votre activité est profondément écologique : le train pollue entre 30 et 70 fois moins que la voiture ! » lance Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EELV« On veut produire ici ce que nous utilisons ici. (…) Battons-nous jusqu’au bout pour que l’État s’engage », embraye Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord. « Des solutions existent, il faut une volonté politique », conclut Marina Mesure, députée européenne FI.

 

 

 

 

 

 

 

Pacte enseignant : le diable se cache dans les détails | L’Humanité

Ce dispositif laisse croire que la solution repose sur le seul volontarisme des enseignants. Julien Pebrel/Myop

3. Lycée professionnel : faire passer la réforme en contrebande

En lycée professionnel, le pacte revêt une dimension toute particulière. Quantitativement pour commencer : avec 15 « briques » différentes, les professeurs de lycée professionnel (PLP) ont droit au plus large éventail de possibilités. Comme en lycée général, la priorité est donnée aux remplacements de courte durée. Mais avec le pacte, le diable est dans les détails : parmi les autres « briques », apparaissent des propositions qui consistent à rien de moins que la mise en pratique de la réforme du lycée professionnel (LP), présentée l’an dernier par le gouvernement et rejetée par les personnels avec une force qui a débouché sur des journées de grève massivement suivies. Exemples : assurer des cours en effectif réduit pour des élèves en difficulté… à la place – et non en plus – des heures de cours normales ; transformer les PLP en promoteurs de l’apprentissage en assurant des heures de « découverte des métiers » en collège ; assurer le suivi d’élèves en grande difficulté (« décrocheurs »)… à la place des dispositifs actuels, insuffisants et sous-financés ; proposer des suivis postbac et en insertion professionnelle ; développer des « certificats de spécialisation » à bac + 1 en remplacement des mentions complémentaires actuelles, mais sans les financements dont celles-ci disposent aujourd’hui.

Pacte enseignant : le diable se cache dans les détails

Les promesses du gouvernement sur les remplacements ou sur « un professeur devant chaque classe » passent par le pacte. Rejeté par une majorité de personnels, ce dispositif cache une attaque en règle du service public d’éducation.

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Lundi 4 septembre 2023

Ce dispositif laisse croire que la solution repose sur le seul volontarisme des enseignants. Julien Pebrel/Myop

Ce dispositif laisse croire que la solution repose sur le seul volontarisme des enseignants. Julien Pebrel/Myop
© Julien Pebrel/ MYOP

Le pacte, c’est le cœur de la « révolution » voulue par Emmanuel Macron en matière scolaire. Ce dispositif, complexe pour des yeux peu habitués aux arcanes de l’éducation nationale, doit permettre à la fois de tenir les promesses faites aux enseignants français – parmi les plus mal payés d’Europe – pour améliorer leur rémunération et les performances de l’éducation nationale en matière de réussite scolaire, de lutte contre les inégalités et même d’insertion dans l’emploi. L’enjeu n’est donc pas mince. Pap Ndiaye, le prédécesseur de Gabriel Attal Rue de Grenelle, l’avait claironné au printemps : pour que cela fonctionne, il faudrait que 30 % des enseignants s’engagent dans la démarche. Aujourd’hui, le ministère se fait beaucoup plus discret sur le sujet. Et pour cause : à en croire les remontées de terrain parvenues aux principaux syndicats, c’est au pire un rejet clair et net, au mieux de gros doutes qui habitent les professeurs. Décryptage des principaux points de friction.

1. Le retour du fameux « travailler plus pour gagner plus »

Le principe général du pacte, vu du côté des personnels, est assez simple : il s’agit, pour celles et ceux qui s’y engageront, d’accepter des tâches supplémentaires en échange d’une rémunération spécifique. Chaque type de tâche, qu’on a déjà pris l’habitude d’appeler « briques », implique d’effectuer 18 ou 24 heures annuelles en plus. Chaque « brique », quel que soit son volume horaire, est rémunérée 1 250 euros brut par an, répartis sur neuf mois (d’octobre à juin). Chaque enseignant peut choisir de s’engager pour une seule « brique » ou pour plus – le maximum étant en lycée professionnel, où l’on peut cumuler jusqu’à six « briques », soit 7 500 euros brut annuels. On peut aussi prendre des « bouts de brique » dans certains cas, mais pas pour les missions jugées prioritaires comme les remplacements de courte durée dans le secondaire ou le soutien en mathématiques et en français au collège pour les professeurs des écoles. Il ne s’agit donc en aucun cas d’une augmentation qui permettrait aux professeurs d’être payés plus pour le même travail, mais d’une nouvelle forme du « travailler plus pour gagner plus », visant à imposer des tâches supplémentaires à des professionnels qui travaillent déjà, selon les chiffres du ministère, entre 42 heures (secondaire) et 43 heures (primaire) hebdomadaires. On est donc loin de la revalorisation générale et inconditionnelle promise depuis plusieurs années. Sans compter l’aspect sexiste de la chose dans une profession très féminisée où les femmes auront encore moins de possibilités d’effectuer un surplus de travail – constat déjà vérifié pour ce qui est des heures supplémentaires, pour ne prendre que cet exemple.

2. Primaire et secondaire : boucher les trous

Impossible de dresser ici le catalogue des différentes « briques » proposées. Pour les professeurs des écoles, la mission prioritaire est d’aller effectuer du soutien en mathématiques et en français pour les élèves de 6e au collège. Dans le secondaire, la priorité est donnée aux remplacements de courte durée, conformément aux proclamations médiatiques du ministre. À rémunération égale, ces « briques » prioritaires portent sur 18 heures annuelles au lieu de 24. Des zones floues demeurent, par exemple pour savoir si, au cas où ces missions prioritaires ne seraient pas remplies, les enseignants ayant signé pour d’autres « briques » pourraient se voir contraints de les assurer. Ou si, dans le cas où un enseignant n’aurait pas eu l’opportunité d’effectuer ses 18 heures de remplacement, il doit rembourser leur rémunération… Mais les plus fortes critiques à l’encontre de ce dispositif sont d’ordre pédagogique. Remplacer un professeur de maths par un professeur d’anglais, qui fera une heure d’anglais, cela ne compensera pas l’heure de maths perdue. Aller faire du soutien en 6e ne compensera pas les inégalités sociales et scolaires qui, faute de moyens, posent problème en amont du collège. Bref, les syndicats martèlent que le pacte ne compensera pas les milliers de postes qui font défaut, que ce soit pour les remplacements, pour assurer les dispositifs de soutien, pour les heures de « découverte des métiers » au collège, pour aider à l’orientation, à conduire des projets… La conclusion est évidente : le pacte n’a pas pour but de remédier aux conséquences dévastatrices de décennies de manque d’investissement dans l’éducation nationale mais de laisser croire que la solution repose sur le seul volontarisme des enseignants.

3. Lycée professionnel : faire passer la réforme en contrebande

En lycée professionnel, le pacte revêt une dimension toute particulière. Quantitativement pour commencer : avec 15 « briques » différentes, les professeurs de lycée professionnel (PLP) ont droit au plus large éventail de possibilités. Comme en lycée général, la priorité est donnée aux remplacements de courte durée. Mais avec le pacte, le diable est dans les détails : parmi les autres « briques », apparaissent des propositions qui consistent à rien de moins que la mise en pratique de la réforme du lycée professionnel (LP), présentée l’an dernier par le gouvernement et rejetée par les personnels avec une force qui a débouché sur des journées de grève massivement suivies. Exemples : assurer des cours en effectif réduit pour des élèves en difficulté… à la place – et non en plus – des heures de cours normales ; transformer les PLP en promoteurs de l’apprentissage en assurant des heures de « découverte des métiers » en collège ; assurer le suivi d’élèves en grande difficulté (« décrocheurs »)… à la place des dispositifs actuels, insuffisants et sous-financés ; proposer des suivis postbac et en insertion professionnelle ; développer des « certificats de spécialisation » à bac + 1 en remplacement des mentions complémentaires actuelles, mais sans les financements dont celles-ci disposent aujourd’hui.

4. Un contrat mis sur l’école et sa mission de service public

Vu ainsi, le pacte peut faire penser à un vaste bricolage, un de plus, qui ne résoudra en rien les problèmes connus de l’éducation nationale. Ce serait gravement sous-estimer la profonde transformation qu’il opère, à petite dose pour commencer, et la menace qu’il fait ainsi peser sur tout notre système scolaire. Car, à la mission de service public, portée par des personnels formés, exercée dans un cadre d’emploi sécurisé assurant la liberté pédagogique de celles et ceux qui l’assurent, le pacte et ses « briques » ne substituent rien de moins qu’un paiement à la tâche (ou à la mission), annualisé, où la commande l’emporte sur toute autre considération, où l’enseignant n’est plus le concepteur de ses cours mais une sorte particulière de personnel contractuel. Des emplois bien réels – de coordination et de suivi de projet, d’orientation, soutien ou remédiation, théoriquement assurés aujourd’hui par des conseillers d’orientation, des conseillers principaux d’éducation, des enseignants spécialisés, des directeurs de formation professionnelle en LP… – risquent se trouver rapidement menacés. Au passage, en choisissant parmi les demandeurs qui aura sa ou ses « briques »… et la rémunération qui va avec, les supérieurs ­hiérarchiques (personnel de direction en lycée et collège, inspecteurs en primaire) acquerront un pouvoir direct sur le salaire des professeurs.

Pacte enseignant : pourquoi les profs ne veulent pas signer | L’Humanité

Une « trahison », un « esclavage » :

Patrick, professeur d’histoire-géographie en Normandie, n’a pas de mots assez durs pour ­dénoncer le pacte dont il a regardé­ dans le détail le fonctionnement.

Et il a fait ses calculs : aujourd’hui, pour 18 heures de présence devant élèves, il estime son temps de travail hebdomadaire à 43 heures – ce qui correspond d’ailleurs au temps de travail réel médian des enseignants dans le secondaire, selon les chiffres du ministère de l’Éducation nationale.

S’il prenait trois « briques » de pacte, soit 6 heures en plus devant élèves, cela porterait donc son temps de travail effectif à « 57 heures par semaine. Alors que le temps de travail légal maximal dans l’Union européenne est de 48 heures hebdomadaires. Et on veut nous imposer ainsi un tiers de temps de travail supplémentaire… sans nous payer un tiers en plus » !

Source : Pacte enseignant : pourquoi les profs ne veulent pas signer | L’Humanité

 

 

 

 

Pacte enseignant : pourquoi les profs ne veulent pas signer

Il faudra attendre après la rentrée pour savoir combien d’enseignants signeront un pacte. En attendant, rares sont ceux qui se déclarent prêts à le faire. Et quand c’est le cas, c’est contraints et forcés par leurs conditions salariales. Témoignages.

Publié le

Lundi 4 septembre 2023

En primaire, l’une des missions prioritaires est d’effectuer du soutien en mathématiques et en français pour les élèves de 6e.

En primaire, l’une des missions prioritaires est d’effectuer du soutien en mathématiques et en français pour les élèves de 6e.
Thibaut Durand

Une « trahison », un « esclavage » : Patrick, professeur d’histoire-géographie en Normandie, n’a pas de mots assez durs pour ­dénoncer le pacte dont il a regardé­ dans le détail le fonctionnement. Et il a fait ses calculs : aujourd’hui, pour 18 heures de présence devant élèves, il estime son temps de travail hebdomadaire à 43 heures – ce qui correspond d’ailleurs au temps de travail réel médian des enseignants dans le secondaire, selon les chiffres du ministère de l’Éducation nationale. S’il prenait trois « briques » de pacte, soit 6 heures en plus devant élèves, cela porterait donc son temps de travail effectif à « 57 heures par semaine. Alors que le temps de travail légal maximal dans l’Union européenne est de 48 heures hebdomadaires. Et on veut nous imposer ainsi un tiers de temps de travail supplémentaire… sans nous payer un tiers en plus » !

Pourtant, malgré son opposition résolue et sa ferme intention de continuer à dénoncer le pacte « de l’intérieur », Patrick a dû se résoudre à le signer. Pourquoi ? Sa réponse confirme la méthode utilisée par le gouvernement pour faire avaler de force aux enseignants la potion du pacte : « Les sous. » Deux enfants, l’un déjà dans le supérieur, l’autre qui s’apprête à y faire sa rentrée, cela coûte cher. Patrick confie qu’il a déjà dû contracter un emprunt bancaire pour les études du premier, mais que la banque se fait tirer l’oreille pour le second : « Je sais que beaucoup de collègues vont refuser sur le principe. Moi, je signe parce que je ne peux pas faire autrement. On nous force à accepter­ quelque chose qui casse notre statut. »

« Je n’ai plus le temps d’effectuer correctement mes préparations »

« On espérait autre chose en matière de revalorisation », déplore Cédric, professeur des écoles dans les Yvelines. Il connaît quelques collègues « qui vont marcher, parce qu’ils ont besoin d’argent ». Mais lui, non. Même s’il n’hésite pas à parler des « fins de mois difficiles » qui l’obligent à cumuler son emploi à temps plein et trois soirs d’études surveillées par semaine. Il met en cause « la dégradation de la qualité de l’enseignement », que risque d’entraîner le pacte. « Déjà, aujourd’hui, estime-t-il, ce rythme fait que je n’ai plus le temps d’effectuer correctement mes préparations et mes corrections. » Comment ajouter des heures « pacte », avec le temps de préparation et/ou de réunion qu’elles impliqueraient ?

Même son de cloche chez Isabelle, professeure des écoles dans l’Essonne, depuis trente ans en zone d’éducation prioritaire : « Je travaille déjà assez comme ça. Et puis, ce n’est pas ça qui nous manque, ce n’est pas ça dont nos élèves ont besoin. On a besoin de plus de postes, de psychologues, d’infirmières, d’orthophonistes… » Dans son établissement, elle assure que « personne ne veut du pacte »« C’est comme à l’hôpital, reprend Cédric, on est épuisés, et on nous propose de travailler plus alors que ce dont on a besoin, ce sont de moyens humains. 

Internet Libre – Pour le libre échange d’informations

Le gouvernement s’apprête à adopter une loi qui constitue une menace sérieuse pour chaque internaute.

 

La particularité de cette loi, intitulée « Sécuriser et Réguler l’Espace Numérique » (SREN), réside dans son pouvoir inédit : elle autorise les législateurs à établir une liste de sites web à bloquer obligatoirement au niveau des navigateurs internet.

À l’origine conçue pour protéger les enfants contre le harcèlement sexuel en ligne et pour bloquer les sites pornographiques, la loi SREN a évolué pour accorder aux législateurs un pouvoir considérable sur le contenu accessible aux internautes, malgré ses prétentions initiales à la transparence et à la responsabilité.Plus question de sites non autorisés par le gouvernement Français.

L’objectif inquiétant de cette loi est de transformer tout navigateur en outil de censure. Tous les sites non approuvés seront censurés. Par extension, cette mesure remet en question fondamentalement la liberté d’expression et le droit à l’information.Seules certaines sources seront autorisées. Même les plus grandes dictatures au monde n’ont jamais osé opter pour pareille alternative, préférant bloquer les noms de domaines directement chez le fournisseur d’accès.

L’Arcom se positionne comme unique entité décisionnelle dans la sélection des sites web à bloquer (sans autorité judiciaire). Elle obtient ainsi, de facto, les pleins pouvoirs concernant l’intégralité de ce qui est visible ou non par les internautes.

 

Après avoir proposé son projet de loi au Parlement peu avant les vacances d’été, le gouvernement cherche maintenant à faire passer son texte coûte que coûte. La discrétion est de mise, et l’ombre d’un énième 49.3 plane déjà.

Source : Internet Libre – Pour le libre échange d’informations

 

L’heure est grave : le projet de loi SREN (vote imminent)

Le gouvernement s’apprête à adopter une loi qui constitue une menace sérieuse pour chaque internaute. La particularité de cette loi, intitulée « Sécuriser et Réguler l’Espace Numérique » (SREN), réside dans son pouvoir inédit : elle autorise les législateurs à établir une liste de sites web à bloquer obligatoirement au niveau des navigateurs internet.

À l’origine conçue pour protéger les enfants contre le harcèlement sexuel en ligne et pour bloquer les sites pornographiques, la loi SREN a évolué pour accorder aux législateurs un pouvoir considérable sur le contenu accessible aux internautes, malgré ses prétentions initiales à la transparence et à la responsabilité.

Plus question de sites non autorisés par le gouvernement Français. L’objectif inquiétant de cette loi est de transformer tout navigateur en outil de censure. Tous les sites non approuvés seront censurés. Par extension, cette mesure remet en question fondamentalement la liberté d’expression et le droit à l’information.

Seules certaines sources seront autorisées. Même les plus grandes dictatures au monde n’ont jamais osé opter pour pareille alternative, préférant bloquer les noms de domaines directement chez le fournisseur d’accès.

L’Arcom se positionne comme unique entité décisionnelle dans la sélection des sites web à bloquer (sans autorité judiciaire). Elle obtient ainsi, de facto, les pleins pouvoirs concernant l’intégralité de ce qui est visible ou non par les internautes.

Après avoir proposé son projet de loi au Parlement peu avant les vacances d’été, le gouvernement cherche maintenant à faire passer son texte coûte que coûte. La discrétion est de mise, et l’ombre d’un énième 49.3 plane déjà.

La procédure accélérée a été enclenchée, loin du regard des médias et des citoyens. Le vote aura lieu cet automne. Le texte passera si personne ne s’y oppose.

Face à cette manœuvre dictatoriale, il est important de s’imposer. Il en va de la liberté de chacun et d’un véritable combat pour le droit individuel. Agissez dès aujourd’hui en signant la pétition mise en place par la Fondation Mozilla.

Parce que la connaissance demeure l’arme la plus puissante contre les abus d’un gouvernement aveugle, il devient impératif de maximiser la diffusion de l’information. Nous exhortons chaleureusement tous ceux qui lisent ces mots à prendre part à cette cause en partageant la pétition de Mozilla, en entamant des discussions sur ce projet de loi, et en révélant sans réserve les intentions liberticides sous-jacentes au SREN. Votre implication est essentielle pour préserver notre liberté.

Parlez-en sur Facebook, sur Twitter, sur YouTube, à vos amis, votre famille et partout où vous le pourrez. Il est crucial d’agir maintenant et d’agir ensemble. Le projet loi SREN peut encore être stoppé si on intervient maintenant, le temps presse ! Protégez votre liberté, et faites-vous entendre.

Il est impératif qu’Internet demeure un espace de liberté !

 

Ressources :

 

 

 

 

 

La thèse d’Idriss Aberkane à Polytechnique? Un cas de plagiat «évident», pour le comité d’éthique de l’école – Le Temps

Idriss Aberkane prononce un discours lors d'une manifestation anti-masque sur la place des Nations à Genève durant l'épidémie de Covid-19 en septembre 2020. — © FABRICE COFFRINI / AFP

Idriss Aberkane prononce un discours lors d’une manifestation anti-masque sur la place des Nations à Genève durant l’épidémie de Covid-19 en septembre 2020. — © FABRICE COFFRINI / AFP

 

En quoi consiste exactement ce plagiat?

Le chapitre incriminé est «un copier-coller quasi intégral de la documentation d’un logiciel diffusée gratuitement sur Internet en 2015», indique L’Express.

Source : La thèse d’Idriss Aberkane à Polytechnique? Un cas de plagiat «évident», pour le comité d’éthique de l’école – Le Temps

Arrivée de matériel et préparation militaire : du nouveau au lycée Ampère à Vendôme

Le lycée Ampère, dirigé par Éric Gavinet, dispose notamment en cette rentrée d’une nouvelle ligne de production, pour sa filière bac pro pilote de ligne de production.

Le lycée Ampère, dirigé par Éric Gavinet, dispose notamment en cette rentrée d’une nouvelle ligne de production, pour sa filière bac pro pilote de ligne de production.
© (Photo NR, Alexis Couturier)

L’accueil d’une préparation militaire marine

Autre nouveauté pour le lycée, il accueillera cette année, les jeunes volontaires loir-et-chériens de 16 à 21 ans, qui suivent une préparation militaire marine.

Il s’agit d’une formation de découverte de la marine qui se tiendra pour vingt personnes maximum, un week-end par mois à partir du 30 septembre. « Les jeunes arriveront le samedi à 14 h et repartiront le dimanche à 16 h, et seront encadrés par quatre à cinq personnes. »

Le tout est organisé en partenariat avec l’Armée et le Département, parrain du sous-marin nucléaire français Le Terrible.

« Pour les commémorations de l’Armistice du 11 novembre 1918, nous accueillerons d’ailleurs une partie du personnel de ce sous-marin », précise Éric Gavinet. >

 

Source : Arrivée de matériel et préparation militaire : du nouveau au lycée Ampère à Vendôme

Ce crâne de primate retrouvé en Turquie repose la question de nos lointaines origines

Le crâne d'<em>Anadoluvius</em> retrouvé en Turquie en 2015. © Sevim-Erol et al. 2023, <em>Communications biology</em>

LE CRÂNE D’ANADOLUVIUS RETROUVÉ EN TURQUIE EN 2015. © SEVIM-EROL ET AL. 2023, COMMUNICATIONS BIOLOGY

 

 

Une longue évolution en Europe avant d’essaimer en Afrique

 

Le crâne présente une face quasiment complète, avec le front et une partie de la boîte crânienne. Autant de détails qui ont permis de reconstruire une image d’Anadoluvius.

Il s’agissait vraisemblablement d’un primate plutôt grand et massif, similaire à un chimpanzé mâle de 50 à 60 kilos.

L’étude paléoenvironnementale suggère qu’Anadoluvius vivait dans des forêts sèches et plutôt ouvertes, contrairement aux milieux forestiers dans lesquels vivent les grands singes actuellement.

Il passait certainement beaucoup de son temps sur le sol, comme le suggèrent les puissantes mâchoires et les dents grandes et épaisses qui devaient lui permettre de se nourrir d’aliments durs comme des racines.

Source : Ce crâne de primate retrouvé en Turquie repose la question de nos lointaines origines

 

Si la lignée de l’Homme moderne est apparue en Afrique, la question de l’origine des Homininés (sous-famille de primate à l’origine de la lignée humaine et de celle des chimpanzés) reste l’un des sujets les plus débattus en paléoanthropologie. Car s’il est désormais attesté que l’Homme et les singes ont un ancêtre commun, deux visions s’affrontent concernant le lieu d’origine de cette branche commune. La plupart des scientifiques placent en effet l’origine des Homininés en Afrique, mais une autre hypothèse est apparue plus récemment, suggérant une origine sur le continent européen.

Hominidés, Homininés et Hominines

Avant d’aller plus loin, il est nécessaire de faire un petit rappel sémantique car il est vrai qu’un certain flou règne sur la terminologie souvent employée. L’Homme moderne (nous et nos ancêtres du genre Homo) mais également nos cousins les Australopithèques, font partie des Hominines. Les Hominines font partie, avec les Panines (chimpanzés et bonobos), de la sous-famille des Homininés. À savoir que la séparation de ces deux lignées est intervenue il y a au moins 7 millions d’années. Homininés et gorilles forment finalement la famille des Hominidés.

Les chimpanzés font partie de la sous-famille des Homininés, tout comme la lignée humaine (les Hominines). © EnricoPescantini, Adobe Stock

LES CHIMPANZÉS FONT PARTIE DE LA SOUS-FAMILLE DES HOMININÉS, TOUT COMME LA LIGNÉE HUMAINE (LES HOMININES). © ENRICOPESCANTINI, ADOBE STOCK

S’il est à peu près clair que les Hominines, la lignée humaine donc, ont émergé en Afrique, le doute demeure sur l’origine des Homininés. Actuellement, l’hypothèse africaine est préférée car les représentants des deux lignées issues des Homininés (les Hominines et les Panines) ont été retrouvés sur le territoire africain. Pourtant, de récentes découvertes viennent semer le doute.

Un primate de 8,7 millions d’années qui renforce l’hypothèse d’une origine européenne

Des fossiles de singe datant de la fin du Miocène (plus de 5 millions d’années) ont en effet été retrouvés en Europe et en Anatolie centrale, montrant que la présence d’Homininés sur ce territoire pourrait être bien plus ancienne qu’on ne le pensait auparavant, voire même que cette sous-famille de primate dont est issue la lignée humaine trouve son origine en Europe. Et la découverte d’un crâne en Turquie pourrait bien venir renforcer cette nouvelle hypothèse.

Le crâne, retrouvé en 2015 sur le site de Çorakyerler, est remarquablement préservé et a permis d’identifier un nouveau représentant de la sous-famille des Homininés. Les analyses révèlent que ce primate, nommé Anadoluvius turkae, aurait vécu il y a 8,7 millions d’années. Il fait partie de la plus ancienne radiation connue d’Homininés, les membres de cette radiation n’ayant été identifiés, pour l’instant, uniquement en Europe et en Anatolie.

Le crâne d'<em>Anadoluvius</em> retrouvé en Turquie en 2015. © Sevim-Erol et al. 2023, <em>Communications biology</em>

LE CRÂNE D’ANADOLUVIUS RETROUVÉ EN TURQUIE EN 2015. © SEVIM-EROL ET AL. 2023, COMMUNICATIONS BIOLOGY

Une longue évolution en Europe avant d’essaimer en Afrique

Le crâne présente une face quasiment complète, avec le front et une partie de la boîte crânienne. Autant de détails qui ont permis de reconstruire une image d’Anadoluvius. Il s’agissait vraisemblablement d’un primate plutôt grand et massif, similaire à un chimpanzé mâle de 50 à 60 kilos. L’étude paléoenvironnementale suggère qu’Anadoluvius vivait dans des forêts sèches et plutôt ouvertes, contrairement aux milieux forestiers dans lesquels vivent les grands singes actuellement. Il passait certainement beaucoup de son temps sur le sol, comme le suggèrent les puissantes mâchoires et les dents grandes et épaisses qui devaient lui permettre de se nourrir d’aliments durs comme des racines.

Ces résultats, publiés dans la revue Communications biology, suggèrent donc une tout autre histoire que celle racontée précédemment. Il apparaît que les Homininés auraient tout d’abord évolué durant plus de 5 millions d’années en Europe centrale et de l’Ouest avant de coloniser l’est de la Méditerranée puis, de là, se seraient dispersés en Afrique il y a environ 8 millions d’années, probablement en raison d’un changement environnemental ayant entraîné une réduction des forêts européennes. Sur le territoire africain, ces Homininés se seraient ensuite diversifiés pour donner naissance à la lignée des singes africains et à celle des humains.

Il est depuis longtemps reconnu que la faune moderne des plaines africaines (girafes, rhinocéros, antilopes, éléphants…) trouve son origine dans la faune de l’est de la Méditerranée, qui a essaimé vers le sud. D’après cette nouvelle étude, les lointains ancêtres des humains et des chimpanzés auraient donc tout simplement suivi le même mouvement il y a 9 à 7 millions d’années.

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Pascal Praud dans le JDD : « Des étés de porcelaine »

https://www.lejdd.fr/chroniques/pascal-praud-dans-le-jdd-des-etes-de-porcelaine-137819

L’été comme aucune autre saison ouvre le grenier de nos souvenirs. Promenade nostalgique dans les beaux jours des Trente Glorieuses.Pascal Praud 20/08/2023 à 12:12

Mes grands-parents étaient nés en 1907 et 1908 dans une commune de Vendée, Bretignolles-sur-Mer qui comptait 1 200 habitants. Ils s’appelaient Marius et Sylvanie. Ils ont habité de ma naissance jusqu’à leur mort dans
le même appartement au 3, place de la Bourse, à Nantes, où pas un fauteuil, pas une table, pas un napperon n’a bougé. Le seul changement en
trente ans fut l’entrée dans le salon d’un téléviseur couleur qui remplaça le noir et blanc.

Ma grand-mère ne s’est jamais remise de Vatican II. L’abandon de la messe en latin est une blessure qu’elle a portée jusqu’à la tombe.
Mon grand-père ne comprit pas que j’apprisse la langue allemande lorsque j’entrais en sixième, lui orphelin de guerre, pupille de la nation, lui
dont le père était mort à Verdun en 1916.

https://www.lejdd.fr/chroniques/pascal-praud-dans-le-jdd-des-etes-de-porcelaine-137819


« Tata, tu piques ! » Quand l’été arrivait, mes grands-parents partaient
pour Bretignolles-sur-Mer et nous emmenaient parfois, mon frère et moi, dans leurs bagages.
Nous prenions le car ; mes grands-parents ne possédaient pas d’automobile. C’était l’occasion de voir la famille, des cousins, cousines qui parlaient un dialecte local, le patois vendéen, dont on ne comprenait pas un mot et des tantes à moustaches qui nous embrassaient à qui mieux mieux dans des saveurs de vinasse, de sueur et – j’ose
le dire – de pisse. « Tata, tu piques ! », risquais-je dans un souffle. « On ne parle pas comme ça pas à Tante Marie », rétorquait ma grand-mère qui
était aussi sa sœur. Tante Marie n’avait jamais quitté Bretignolles. Le sol de sa maison était en terre battue. Je l’ai toujours vue habillée de noir.
Elle était veuve comme étaient veuves très jeunes les femmes de marins-pêcheurs. Ma grand-mère avait préféré la ville. Elle était partie pour Nantes dans les années 1930. Son métier de couturière signifiait une promotion sociale.
Je parle chinois pour les ados du XXIe siècle. Aujourd’hui, il n’y a plus de différence entre Paris, Nantes et Bretignolles-sur-Mer. Les jeunes s’habillent tous chez H&M ou chez Zara. Le patois est une langue morte. Imaginez la France rurale du début du XXe siècle et songez qu’elle vivait ses derniers feux durant les années 1970.

Maine-et-Loire. Mgr Batut, nouvel évêque d’un diocèse « fantôme » qui comprend Cholet et Vihiers

Disparu en 1648 et restauré en 2009, le diocèse de Maillezais s’étend du sud Vendée jusqu’aux Mauges en passant par Cholet, le Bocage bressuirais et le Vihiersois. Un diocèse en réalité réduit au rôle de symbole. Un nouvel évêque, Mgr Jean-Pierre Batut, y a pourtant été nommé le 26 juin.

Mgr Jean-Pierre Batut, évêque auxiliaire de Toulouse et évêque de Maillezais.
Mgr Jean-Pierre Batut, évêque auxiliaire de Toulouse et évêque de Maillezais. | CAPTURE D’ÉCRAN YOUTUBE
C’est un diocèse pas comme les autres. Confiné au rôle de symbole. Créé au Moyen Âge en 1317, l’évêché de Maillezais a été supprimé en 1648, laissant la place au diocèse de La Rochelle créé par le pape Innocent X. Il s’étendait de Maillezais dans le sud Vendée, siège du diocèse, jusqu’aux Mauges en passant par Cholet, le Bocage bressuirais et le Vihiersois.

Sur décision du pape Benoit XVI, le Vatican a restauré le siège épiscopal de Maillezais le 9 février 2009 avant que le pape François ne lui attribue en 2017 le rôle de diocèse titulaire. Dans l’organisation de l’Église catholique, il s’agit d’un évêché confié à des prélats qui se retrouvent sans ministère, soit parce qu’ils ne sont que « simples » évêques auxiliaires, soit parce qu’ils ont démissionné. Car, dans l’Église, tout évêque, même démissionnaire, doit veiller sur une portion du peuple de Dieu, au moins de façon symbolique , rappelait en 2009 Mgr Dominique Rézeau, ancien nonce apostolique en Vendée.

Ancien évêque de Blois

Autrefois, on les appelait « évêques in partibus infidelium », autrement dit évêques « en pays des infidèles » car ils étaient nommés dans des pays non chrétiens. L’un des plus célèbres évêques in partibus fut Mgr Jacques Gaillot (1935-2023), déchargé de ses fonctions à Évreux (Eure) en 1995 en raison de ses prises de position en faveur des divorcés remariés, du mariage des prêtres ou de l’ordination de femmes. Il fut alors désigné évêque in partibus de Parténia, un ancien diocèse d’Algérie disparu depuis le V e siècle.

Depuis qu’il est redevenu diocèse titulaire, Maillezais a accueilli un premier évêque, Mgr Antoine Hérouard en 2017. Celui-ci ayant été nommé archevêque de Dijon (Côte-d’Or) en février 2022, le diocèse de Maillezais se retrouvait sans prélat. Un vide comblé le 26 juin 2023 par la nomination de Mgr Jean-Pierre Batut , 69 ans, évêque auxiliaire de Toulouse (Haute-Garonne) et donc évêque de Maillezais. Il avait été auparavant à la tête du diocèse de Blois (Loir-et-Cher), fonction dont il a été déchargé par le pape à sa demande pour des problèmes de santé tandis que nos confrères de La Nouvelle République évoquaient à l’époque une gouvernance contestée et des désaccords sur la gestion financière et humaine .

Ce n’est pas la première fois que Mgr Batut devient évêque in partibus. Alors évêque auxiliaire de Lyon en 2008, auprès du cardinal Barbarin, il avait hérité du titre d’évêque in partibus de Ressiana, un ancien évêché du nord de l’Algérie. Pour les fidèles de Cholet, des Mauges et du Vihiersois, rien ne change, « leur » évêque reste bien Mgr Delmas à Angers mais rien n’interdit à son alter ego de Maillezais, Mgr Batut, de leur venir à leur rencontre. Ce qui serait une grande première.

 

 

 

 

Source : Maine-et-Loire. Mgr Batut, nouvel évêque d’un diocèse « fantôme » qui comprend Cholet et Vihiers

Élections sénatoriales 2023 : départements concernés, spécificités du scrutin… Voici ce qu’il faut savoir

 

Elections sénatoriales 2023 : départements concernés, spécificités du scrutin… Voici ce qu'il faut savoir©Vernier Jean-Bernard/JBV News/ABACAabacapress
Les élections sénatoriales auront lieu à la rentrée, le dimanche 24 septembre prochain. Récapitulatif des informations clés pour comprendre les enjeux des seules élections de l’année 2023.

Élections sénatoriales 2023 :

 

170 sièges à pourvoir

Le 24 septembre prochain, ce ne sont pas tous les sièges qui vont être renouvelés, mais seulement 170 des 348 sénateurs, comme l’explique Le Figaro.

Depuis 2011, les sénateurs sont, en effet, renouvelés par moitié tous les trois ans, en alternance entre deux séries, l’une de 170 et l’autre de 178 sièges.

La série 2 a été renouvelée d’uniquement 172 sièges en raison de la crise sanitaire lors des élections sénatoriales de septembre 2020, rappelle le Sénat.

Cette année, la série visée par les élections est donc celle de 170 sénateurs, qui ont été élus en 2017.

Ils arrivent donc en fin de mandat, les sénateurs étant élus pour un mandat de six ans, renouvelable.

Pour ce scrutin si particulier, les départements concernés sont tous les départements d’Île-de-France et ceux allant du numéro 37 (Indre-et-Loire) au 66 (Pyrénées-Orientales). Six territoires d’Outre-mer sont également concernés à l’instar de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Réunion, de Mayotte, de la Nouvelle-Calédonie et enfin Saint-Pierre-et-Miquelon, comme le détaille le site du Sénat.

Source : Élections sénatoriales 2023 : départements concernés, spécificités du scrutin… Voici ce qu’il faut savoir

 

Élections sénatoriales 2023 : départements concernés, spécificités du scrutin… Voici ce qu’il faut savoir

Elections sénatoriales 2023 : départements concernés, spécificités du scrutin… Voici ce qu'il faut savoir©Vernier Jean-Bernard/JBV News/ABACAabacapress
Les élections sénatoriales auront lieu à la rentrée, le dimanche 24 septembre prochain. Récapitulatif des informations clés pour comprendre les enjeux des seules élections de l’année 2023.
SOMMAIRE

Cette année pas d’élections nationales à l’horizon… A une exception près : les sénatoriales,  pour lesquelles les électeurs ne sont pas appelés aux urnes. Les sénateurs sont élus par le suffrage universel indirect pour un mandat de 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans, en alternance entre deux séries : la série 1 (170 sièges) et la série 2 (178). La date exacte des élections est fixée par décret, et habituellement, elles ont lieu le troisième dimanche de septembre. Cette année, elles auront, en effet, lieu à ces dates habituelles, puisqu’elles prendront place le 24 septembre prochain. Vous êtes inconnus au mode de fonctionnement de ces élections ? Pas d’inquiétude, nous vous expliquons tout ce qu’il faut savoir.

Élections sénatoriales 2023 : comment se déroulent-elles ?

À la différence d’autres modes de scrutin, ne vous pressez pas dans votre mairie pour vous procurer votre nouvelle carte d’électeur. Effectivement, ce ne sont pas les citoyens qui votent à ces élections pour désigner les nouveaux représentants du Sénat. Pour être plus précis, dans chaque département, les sénateurs sont élus par un collège électoral de grands électeurs formés principalement d’élus de la circonscription, « comprenant des sénateurs, des députés, des conseillers régionaux élus dans le département, des conseillers départementaux et des délégués des conseils municipaux« , rappelle sur son site le ministère de l’Intérieur.

Le collège électoral est composé d’environ 160 000 personnes, dont 95 % sont des conseillers municipaux, précise le gouvernement. À noter que le nombre de sénateurs dans chaque circonscription varie en fonction de la population, tout comme le mode de scrutin varie en fonction du « nombre de sièges dévolus au département ». Ainsi, pour élire un ou deux sénateurs, l’élection se déroule au scrutin majoritaire à deux tours. Pour trois ou plus, c’est le scrutin proportionnel qui s’applique.

Élections sénatoriales 2023 : 170 sièges à pourvoir

Le 24 septembre prochain, ce ne sont pas tous les sièges qui vont être renouvelés, mais seulement 170 des 348 sénateurs, comme l’explique Le Figaro. Depuis 2011, les sénateurs sont, en effet, renouvelés par moitié tous les trois ans, en alternance entre deux séries, l’une de 170 et l’autre de 178 sièges. La série 2 a été renouvelée d’uniquement 172 sièges en raison de la crise sanitaire lors des élections sénatoriales de septembre 2020, rappelle le Sénat. Cette année, la série visée par les élections est donc celle de 170 sénateurs, qui ont été élus en 2017.Ils arrivent donc en fin de mandat, les sénateurs étant élus pour un mandat de six ans, renouvelable.

Vidéo du jour

Pour ce scrutin si particulier, les départements concernés sont tous les départements d’Île-de-France et ceux allant du numéro 37 (Indre-et-Loire) au 66 (Pyrénées-Orientales). Six territoires d’Outre-mer sont également concernés à l’instar de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Réunion, de Mayotte, de la Nouvelle-Calédonie et enfin Saint-Pierre-et-Miquelon, comme le détaille le site du Sénat.

Élections sénatoriales 2023 : quels changements attendre de ce suffrage ?

Un taux de renouvellement en hausse ? Vivement critiqué pour sa faible capacité de régénération, le scrutin édition 2023 pourrait enfin faire exception à cette règle presque établie. Chaque élection sénatoriale voit une importante part de nouveaux sénateurs faire son entrée dans l’hémicycle du palais du Luxembourg. En 2020, le taux de renouvellement s’était ainsi élevé à 45 % (78 nouveaux élus sur 172 sièges à pourvoir). Cette année, un certain renouvellement semble également se profiler. D’après les chiffres de Public Sénat, sur 86 % des 170 sièges à pourvoir en septembre, au moins 39 électeurs ne se représentent pas.

Autre fait notable, dans un ordre plus politique, une alliance semble se faire jour à gauche dans de nombreuses circonscriptions. Le Parti Socialiste est, en effet, parvenu à un accord avec Europe Ecologie les Verts ainsi qu’avec le Parti Communiste Français. Le PS fera donc liste commune avec EELV dans 14 départements et avec le PCF dans 15 départements. À titre de comparaison, lors des élections de 2017, la gauche n’était parvenue à un accord que dans deux départements. Cependant, aucun accord n’a été conclu avec LFI, très peu représenté au niveau des communes, et qui pourrait donc se retrouver avec aucun siège au Sénat.

Les Républicains quant à eux, qui constituent le groupe majoritaire au Sénat, mettent en jeu 65 de leurs 145 sièges à la rentrée. Si Bruno Retailleau, président du groupe dans le 6ème arrondissement de Paris, « anticipe plutôt une stabilité », rien n’est encore joué. Dans les zones urbaines, le parti pourrait perdre plusieurs sièges, au profit d’Horizons, le groupe emmené par un ancien pensionnaire de la maison, Édouard Philippe.